Coup d'oeil sur l'Asie

mercredi 21 mai 2008

Hanoi, épisode II : "same, same, but different"


Après 3 semaines de break à Paris et Miami pour pouvoir assister au mariage de ma cousine Charlotte, me voilà de retour au Vietnam.

Cette fois les choses ont plutôt mal commencé puisque lors d’une escale à Bangkok entre Paris et Hanoi, mon vol s’est trouvé annulé pour cause d’intoxication alimentaire du copilote…

Si vous n’avez jamais entendu parler de l’effet papillon, vous n’imaginez pas les conséquences que peut avoir l’ingestion d’un œuf pas frais par un pilote d’air France… Mais je garde le suspense, vous en saurez plus en continuant la lecture de ce post…


Je disais donc je suis revenue à Hanoi le 23 avril. De nouveau hébergée par Cameron et ses colocataires. J’ai passé quelques jours avec eux avant de déménager chez Vhin et Rebecca, dans la maison qui habite l’association VFCD - Volunteers for Commuity Development and Environment Education – et une bonne partie de ses bénévoles.

Grace à eux j’ai rencontré Ngoc, qui elle, travaille pour une ONG française pour la prévention du virus du SIDA.
Très rapidement, elle m’a mise en contact avec des femmes de ses groupes de travail afin que je puisse tourner mes portraits de femmes vietnamiennes.

Cette fois encore, la chance m’accompagne puisqu’au Vietnam, il est quasiment impossible de tourner ce genre de portrait sans avoir les autorisations officielles (évidement extrêmement difficile à obtenir).
Mais grâce à Ngoc, j’ai pu éviter le circuit officiel et rencontrer Hong et Ngan, deux vietnamiennes aux parcours difficiles.


Mes rencontres


Vous connaissez déjà Cameron, Geny, Hai et Greg, mes hôtes lors de mon premier séjour à Hanoi, donc je ne vais pas m’étendre…

Vinh et Rebecca m’ont accueillie lorsque j’ai quitté Doi Can Street. Ils vivent dans une maison de 3 étages sur Au Co Street, au nord de Hanoi.
Ils partagent leur foyer avec d’autres bénévoles de l’association VFCD (difficile de dire combien, je vois des nouvelles têtes presque tous les jours !!), dont ils sont les coordinateurs. Vinh est d’origine vietnamienne, il a été adopté à l’âge de 9 ans par une famille américaine de Salt Lake City. Et oui, c’est un vrai génie de l’informatique !!!

Rebecca, 23 ans, est australienne, elle vit au Vietnam depuis 6 mois et en plus de sa participation à VFCD, elle donne des cours d’anglais.
Adepte de la bière locale et pas seulement, elle sort avec un jeune vietnamien du nom de Zheng, un garçon adorable, toujours le premier à se lever le matin pour aller nous chercher le petit déj.

Chez eux j’ai rencontré Chris, couchsurfer comme moi, avec qui je me suis un peu baladée en ville. Californien, la vingtaine, fraichement débarqué de Thaïlande où il a passé quelques jours avant de gagner Hanoi pour un séminaire/retraite de son grand maitre spirituel, le moine bouddhiste vietnamien Thich Nhat Hanh qui dit : « J’inspire, je calme mon corps. J’expire, je souris. Je m’établis dans le moment présent. Je sais que c’est un moment merveilleux. »
Et puis je me dois ici de citer Ngoc, cette fille fantastique qui m’a permis de trouver les femmes de mon film. Issue des minorités ethniques du nord du Vietnam, Ngoc vit à Hanoi depuis qu’elle a démarré ses études. Elle travaille maintenant pour l’association SJ Vietnam, et est chargée, en coopération avec UNAIDS, d’informer et d’éduquer la population locale sur les ravages du SIDA.
Elle m’a mise en contact avec les femmes que je souhaitais rencontrer et m’a même servie d’interprète lors des interviews…


Mes coups durs

On en arrive enfin à l’histoire du vol AF174….
Vous deviez commencer à vous impatienter !!!
Je commencerai donc par le commencement…
Tout a démarré à Paris ce 22 avril. Mon vol pour Hanoi étant prévu à 19h00, j’ai profité (en courant) de ma dernière journée pour régler mes derniers préparatifs (récupérer ma carte bleue avalée sans raison par un distributeur à Montreuil, acheter les médicaments que m’avais demandé Cameron, déjeuner avec Alice, qui cette fois, à réussit -difficilement - à contenir ces larmes, faire mes bagages et enfin, boire un café avec mon doudou…).
Une journée bien chargée donc, qui m’a amenée à prendre le métro à la dernière minute. Seulement, arrivée à Chatelet pour prendre une connexion avec le RER et filer à l’aéroport, un incident intervient sur la ligne B et le speaker annonce que plus un train ne circulera en direction de Charles de Gaulle. Ayant aperçu le dernier train actif en arrivant sur le quai, je décide d’attendre quelques minutes. Finalement un train arrive avec pour terminus une gare à mi trajet. Je monte dedans en me disant que ce sera déjà quelques kilomètres de parcouru (à 17h30, impossible d’imaginer trouver un taxi à Chatelet pour être à l’aéroport une demi heure plus tard…).
Donc je monte dans le RER bondé avec tous mes bagages. Ce qui se révèle être une bonne idée puisque finalement, pendant le trajet, le chauffeur annonce qu’il ira jusqu’à l’aéroport…
J’arrive donc à Charles de Gaulle 5 minutes avant la fin de l’enregistrement (du coup j’ai évité la queue…) et rassurée, je finis par monter dans l’avion.
Une 12aine d’heures plus tard, on atterrit à Bangkok pour une escale sensée durer à peine une demi heure. Au bout d’une heure d’attente dans l’avion, on nous annonce que le copilote étant victime d’une intoxication alimentaire, on doit descendre de l’avion et attendre 2 ou 3 heures afin qu’un avis médical définitif nous permette (ou non) de décoller. Apres ce qui semble être une éternité, la responsable du personnel au sol nous informe que le vol Air France ne redécollera pas. Pour les plus chanceux des passagers (les hommes d’affaire et les familles), un vol de Thai Airways les mènera à bon port. Pour les autres, il faudra attendre le lendemain, voire le surlendemain.
J’ai fais des pieds et des mains pour faire partie des chanceux, et après d’âpres négociations (et pas mal de kilomètres parcourus à courir dans l’aéroport de Bangkok), j’ai réussi à embarquer sur le dernier vol pour Hanoi.
Je suis arrivée au Vietnam à 22h00 (au lieu de 15h00) pour découvrir, après (encore !!!) une heure d’attente (et d’appréhension !!!) près du tapis roulant, que mon sac à dos s’était volatilisé quelque part entre Paris et Hanoi (le type du bureau des réclamations n’était même pas capable de savoir si oui ou non mon bagage avait été débarqué à Bangkok).
Je n’ai pu le récupérer que 3 jours plus tard… Heureusement, il était intact et complet !!!
Comme quoi tout est bien qui finit bien.

A part ça, pas vraiment de coups dures lors de ce second séjour à Hanoi… Ah si… un petit… Je suis tombée d’un scooter à l’arrêt (Chris le californien novice en matière de 2 roues a démarré, vitesse enclenchée, alors que je m’apprêtais à monter derrière lui ; le scooter a donc avancé de 50 bons centimètres, et je me suis retrouvée le cul par terre). Résultats : un beau bleu sur les fesses et les poignets endoloris pendants 3 jours.


Mon film

Deux portraits…
D’abord celui de Hong, 27 ans, originaire de la petite ville de Thai Binh, à quelques centaines de kilomètres de Hanoi.
Il y a exactement 10 ans, alors qu’elle profitait de vacances scolaires pour voyager dans le nord du Vietnam avec une amie du même âge, elle a été vendue par son « amie » à des trafiquants. Pendant plusieurs semaines, elle à du subir les assauts de 6 à 12 hommes par jours, tous chinois et donc ne parlant pas la même langue qu’elle.
Grâce à l’un de ses clients, elle réussit à s’enfuir et à prendre un train qui la ramènera dans son village natal. Par peur des racontars, sa famille lui interdit de porter plainte. Elle reprend donc le cours de sa vie et finit, 2 ans plus tard, par se marier et tomber enceinte. Elle découvre alors qu’elle et son bébé son contaminés par le virus du SIDA et pousse son marie à se remarier afin qu’il puisse avoir une descendance « viable ».
En bref, une histoire terrible pour une femme extrêmement courageuse…

Mon deuxième portrait de femme vietnamienne à été celui de Ngan, trentenaire, mère de famille, et elle aussi, séropositive. Contaminée par son mari, elle vit avec le VIH depuis plusieurs années et à choisit de s’investir dans la lutte pour la prévention et l’information, malgré le regard accusateur et parfois même menaçant de la société vietnamienne.

Tourisme au Vietnam

Descente vers le Sud






Apres avoir terminé mon tournage, j’ai profité d’une petite semaine de battement pour descendre à Saigon (officiellement Ho Chi Minh ville), dans le sud du Vietnam.
J’ai pris un ticket de bus open, ce qui m’a permit de m’arrêter par endroits, parfois juste pour quelques heures. J’ai donc entrevu les villes de Hue, Hoi An, et Mui Ne. J’ai passé deux jours à Na Thrang, petite station balnéaire très cotée au Vietnam, avant de m’arrêter à Saigon. Un petit tour vite fait sur les traces de milliers de touristes mais malheureusement, faute de temps, il m’aurait été difficile de faire autrement…




Mes rencontres

Katherine, 23 ans, a été mon hôte pour une nuit à Na Thrang. J’étais sa première couchsurfeuse et je crois qu’elle a bien apprécié l’expérience… De mon côté, j’ai découvert la face cachée du Vietnam, qui veut que même en dehors des grandes villes, les nouvelles générations sont en réelle rupture avec la société traditionnelle et ses règles hyper rigides. Katherine par exemple, vit avec sa sœur ainée et ses parents, gérants d’un hôtel dans la petite citée balnéaire. Elle ne rêve que de s’installer dans son propre appartement, n’a pour amis de sexe masculin que des expatriés (parce que les vietnamiens « ne font que juger et discréditer ses opinions et prises de positions ») et ne supporte pas que sa famille puisse se mêler de sa vie intime en lui suggérant par exemple les « bons partis » à envisager pour un éventuel mariage.


A Saigon, j’ai retrouvé Gilles Ramon, confrère de chez RFO, et sa charmante femme Mireille, en vacances au Vietnam pour quelques semaines.
J’ai été très heureuse de passer quelques jours avec eux à me balader, mais aussi de comparer mon expérience du Vietnam à la leur. Ils m’ont invité dans un très bon restaurant, où j’ai saisie, sans hésiter, l’occasion de manger autre chose que de la soupe de nouille ou du riz frit (car si on trouve presque de tout au Vietnam, le moins chère – et bien moins chère !!! – reste quand même le traditionnel pho et ses diverses variantes).
Et puis c’était marrant de retrouver Gilles en dehors du contexte habituel et de découvrir en lui un voyageur passionné (parce que mine de rien, sans vouloir cracher dans la soupe, RFO n’est pas vraiment l’endroit où exultent les passions...)


Mes coups durs

Là encore, je dois dire que je n’ai pas grand-chose à rapporter dans cette rubrique…
Bon, deux nuits d’affilée dans un bus… mais encore, j’ai eu la chance d’être surclassée en bus couchette pour la deuxième nuit alors… je n’ai pas vraiment à me plaindre !!! (D’ailleurs franchement, les bus couchette, je recommande !! c’est super confortable et les long trajets paraissent raccourcis de moitié).

Et puis de retour à Hanoi, j’ai faillit me faire piquer mon portefeuille pour la deuxième fois (mais oui, rappelez vous, à Shanghai, le jour de mon anniversaire, 100 euros et ma carte bleue qui s’étaient volatilisés…)
Cette fois, je cherchais un xe om (un moto taxi, pour les non initiés !) vers les 22h00 dans un quartier assez mal famé ; lorsque je lui indique mon adresse de destination, le type fait l’étonné et prétend ne pas connaître l’endroit. On se dirige vers un groupe de personne auprès de qui il se renseigne, et alors que je monte derrière lui sur le scooter et pendant qu’il démarre, je sens un mouvement inhabituel dans mon dos. Je me retourne et là je vois le type qui nous à donné les indications en train de courir derrière la moto, accroché à mon sac en essayant de l’ouvrir plus ou moins discrètement (eh oui, ouvrir un sac sur le dos de quelqu’un ni vu ni connu, dans le noir, en courant après une moto, c’est pas du gâteau !!)…
Enfin bref je me retourne, je pousse un cri et le type se barre en courant. Je vérifie vite fait que mon sac est toujours fermé, tandis que le chauffeur accélère, et je fais un doigt d’honneur au voleur.
Malheureusement il n’a pas du comprendre mon geste vu que j’étais en train de finir ma cloppe et que du coup ce n’est pas un, mais deux doigts que je lui ai montré… Enfin j’étais enragée de m’être fait avoir (même s’il ne m’a rien volé) et surtout je n’ai jamais su si le chauffeur du xe om était dans le coup.

Virée vers Halong




De retour à Hanoi, j’ai fait un saut à la baie d’Halong qui n’est qu’à 3 heures de route de la capitale. Je m’attendais à me retrouver dans une sorte de parc d’attraction, et me trompais. La baie d’Halong, (à bien différencier de la ville d’Halong !!) malgré le flot incessant de touristes, reste un véritable havre de paix et la ballade en bateau traditionnel vaut vraiment le déplacement. C’est aussi beau que dans les films !!





Conclusion

Après 6 semaines passées au Vietnam, dont plus de la moitié à Hanoi, je ne prétends pas connaître le pays. Mais je pense en avoir eu un petit aperçu plutôt sympathique.
A part la baie d’Halong et la grande dune de sable de Mui Ne, je n’ai pas été abasourdie par les paysages ; mais les vietnamiens sont des gens très accueillants (et très souriants, que le sourire soit sincère ou non…).
J’ai de loin, préféré Hanoi à Ho Chi Minh pour son charme vieillot et ses rues grouillantes (même si j’avoue ce n’est pas toujours facile pour les tympans…).
Et je tiens à rajouter, pour tout ceux qui ont voyagé au Vietnam et qui ont été réveillé à 5h00 du matin par la fameuse « voix du Vietnam » diffusée un peu partout à travers des hauts parleurs fixes ou mobiles, qu’il s’agit bien moins de propagande gouvernementale (comme on le dit souvent) que d’informations générales destinées à la population (entre autres : rappel des règles d’hygiène, conseils pour une alimentation équilibrée, recettes de grand-mères pour soigner les petits bobos, informations sur l’état du trafic et les travaux en cours dans les rues, etc…).

samedi 3 mai 2008

Des minorités du Yunnan à celles de Lao Cai

Apres avoir passé la frontière Chine Vietnam le 17 mars au matin et, je l’avoue, être arrivée à Lao Cai un peu fatiguée par le trajet en bus, j’ai décidé, plutôt que de m’embraquer dans un trajet de 12 heures de train pour rejoindre Hanoi, de faire une petite pause dans le nord du Vietnam. Direction Sapa, à un peu plus d’une heure de Lao Cai en mini bus.

Sapa


Première bonne surprise, j’ai réussi en arrivant à Sapa, à négocier une chambre d’hôtel avec salle de bain et tout et tout…à 4 USD la nuit ; un exploit vu la fréquentation touristique de cette petite ville peuplée par des minorités ethniques vietnamiennes H’mong et Tay en particulier).

J’ai profité des 3 jours que j’ai passé là-bas pour aller me promener à pied, comme tous les touristes d’ailleurs, dans les villages alentours… Cat Cat. Ta Van et Lao Chai.
J’ai été assez impressionnée de voir tous ces touristes âgés, armés de leurs chapeaux, lunettes de soleil et appareils photos, descendre presque en file indienne les chemins de montagnes qui mènent aux villages, suivis par une cohorte de femmes et d’enfants bien décidés à en faire leurs choux gras.

Des ballades dont ont résulté quelques rencontres sympa, comme celle de ces deux petites filles de l’ethnie H’mong, qui m’ont accompagnée pendant plus de 2 heures pour me vendre leurs babioles, et avec lesquelles j’ai fini par rigoler, inventer des chansons et leur apprendre les rudiments de la photo…


Alors que Sapa semble synonyme pour les vietnamiens de « petit paradis », je n’ai pas été époustouflée par ses paysages (bien moins impressionnants selon moi que les montagnes du Yunnan).
Et si j’ai trouvé ses habitants plutôt sympathiques, la surpopulation touristique et l’ambiance mercantile qui en résulte m’ont un peu gâché le plaisir…
Enfin, je suis peut-être un peu blazée… Et puis c’était sympa quand même !!!


Bac Ha


Juste avant de quitter Sapa, j’ai voulu me faire une idée du célèbre marché dominical de Bac Ha, à environ 4h de route.
Impossible de s’y rendre autrement qu’en réservant une place dans un mini bus pour un « tour » organisé, à moins de partir la veille et de passer une nuit à Lao Cai.
Donc j’ai desserré les cordons de ma bourse (12 USD quand même !!!) et j’ai embarqué le dimanche 23 mars au matin, dans un mini bus rempli à craquer de touristes.
Quelle erreur !!!! La guide (obligatoire apparemment) m’à gonflé toute la journée en me rappelant à l’ordre dès que je faisais un pas de coté…

Pendant la visite du marché j’ai tout de même réussi à m’éloigner du groupe ; mais j’ai du subir la visite d’un « village expo » ou de pauvres malheureux essaye de vaquer à leurs occupations tandis que des hordes de touristes les mitraillent à coup de flash et s’imposent, s’incrustent dans leurs maisons, leurs écoles, leurs champs ; sans dire bonjour ni au revoir, et sans même demander la permission (là, même la guide était débordée et devait courir partout pour rattraper ses clients).

J’ai d’ailleurs aussi eu droit à la pause frontière : une heure d’attente à Lao Cai, avant de finalement reprendre la route de Sapa, juste pour photographier le pond qui sépare la Chine et le Vietnam (ce qui selon moi vaut le coup quand on le traverse, parce que sinon, il n’a vraiment rien de spécial ce pond…)
Enfin bref, pour moi les tours organisés, je le jure, c’est terminé… PLUS JAMAIS !!!

La bonne chose c’est que j’ai rencontré dans le bus un couple de belges retraités, qui voyagent maintenant depuis près de 10 ans, principalement sur un voilier amarré à ce moment en Malaisie, le temps pour eux de se balader un peu en Asie.
De retour à Sapa j’ai diné avec eux, et pu entendre leurs histoires de voyage et de vie. Un vrai régal !!!

Et puis je dois rajouter que le marché de Bac Ha, malgré ses flots (là encore..) incessants de touristes, vaut vraiment le coup d’œil ; il est plus coloré et animé que n’importe lequel des marchés que j’ai pu voir jusque là…



Hanoi : Episode I


J`ai quitté Sapa le lundi matin, un peu en panique de louper le train du matin (3 fois moins chère que ceux du soir), du fait d’avoir du patienter une heure que le mini bus se remplisse avant de prendre la route…
Malgré tout, j’ai réussi à acheter mon billet à la dernière minute, grâce à la miraculeuse intervention d’un policier qui m’à gentiment (et gratuitement !!) pris mon billet sans passer par la file d’attente…

12 heures de trajet parmi les rizières, un beau spectacle, même si je suis arrivée à Hanoi lessivée et bousculée par les centaines de moto taxi et vendeurs ambulants du quartier qui, j’ai pu m’en rendre compte, connaissent probablement mieux que les chefs de gare les horaires d’arrivée des trains !!
Cameron, mon « couch host » est venu me récupérer en scooter, un exploit vu le nombre et le poids de mes bagages !!!

Mes rencontres

Cameron, néozélandais, vit à Hanoi depuis quelques années avec sa copine suisse-vietnamienne Geny, son colloque espagnol Greg, et depuis quelques mois, Hai, un autre colocataire, américain d’origine vietnamienne.
Ils m’on accueillit dans leur grande maison de Doi Can street, un quartier très animé et proche du centre ville. Grâce à eux, j’ai découvert le Pho Bo et le Bun Cha, des plats traditionnels à base de nouilles, délicieux … et aussi le Kebab local, bien pratique quand on est un peu pressé !!


En me baladant dans un parc, pas très loin de la maison, j’ai fait une rencontre surprenante : une groupe de vieilles femmes qui pratiquent leurs exercices quotidien avec une ferveur presque religieuse et pour les supporter (et parfois les accompagner), Mr Hong, vétéran de la guerre d’Indochine (pendant laquelle il a d’ailleurs perdu un bras), qui parle un peu français et joue au badminton comme s’il avait 20 ans…
On s’est revu plusieurs soirs de suite et il m’à offert des pièces de monnaie anciennes, en signe d’amitié…

Mes coups durs

Durant cette première expérience « hanoienne », tout s’est bien passé. Cette fois pas d’indigestion, pas d’allergie, ni rien d’autre de ce genre… mais (puisqu’apparemment il doit toujours y avoir un « mais ») je me suis quand même fait mordre par un chien….

Rien de bien grave en vérité, un pantalon foutu en l’air et une belle cicatrice en perspective…
Bon ce n’est pas une blessure de guerre mais ça restera mon petit souvenir du Vietnam !!!



Hanoi est une ville agréable et très facile à vivre pour un occidental… Tout le monde ou presque se ballade en vélo ou en scooter, les xe om (ou moto taxi) sont très abordables à condition de négocier, on trouve partout des café avec terrasses, l’idéal pour se faire une idée de l’ambiance qui règne ici… Bref, super sympa !!!
Quand aux restaurants, on trouve de tout et surtout du français !! J’ai enfin pu manger le sandwich au fromage dont j’avais tant rêvé pendant mon séjour en Chine…

vendredi 18 avril 2008

Là, où le soleil se lève…

Me revoilà sur le net après près de 3 mois passés en Chine. Mon blog ayant été inaccessible pendant tout ce temps, je vais essayer de résumer le tout en quelques lignes.. Pas évident..

Je suis arrivée à Shanghai un lundi matin, 31 décembre 2007, avec pour premier objectif de rejoindre un certain Suhail en fin d’après midi. Suhail est Pakistanais, il vit à Shanghai depuis quelques années et à accepté de m’héberger chez lui pendant quelques jours.

J’ai été mise en contact avec lui par le site couchsurfing.com, par lequel j’ai décidée de passer pour trouver à me loger pendant mon voyage.





Peu après mon départ de l’aéroport, j’ai fait une rencontre qui m’a tout de suite enthousiasmée : un jeune garçon avec un ordinateur portable (croisé par hasard dans un KFC alors que je cherchais depuis des heures une connexion internet pour prévenir Suhail de mon arrivée et déterminer avec lui une heure et un lieu de rendez-vous), m’a aidé à joindre mon hôte et m’a tenu compagnie pendant les longues heures qui ont précédé mon rendez-vous avec Suhail en fin d’après-midi.

Cette rencontre fortuite m’a amené à démarrer mon aventure dans les meilleures conditions. Steven, de son nom anglais (la plupart des chinois se choisissent un nom anglais, qu’ils utilisent dans leurs échanges avec des occidentaux) m’à offert son aide d’une façon tellement naturelle et désintéressée, alors que nous avions pourtant beaucoup de mal à communiquer, que ma première impression de la Chine s’est faite plus que favorable.

J’aime démarrer un voyage sous de bons auspices…
Et le reste de mon séjour aux pays du soleil levant s’est déroulé un peu de la même façon…


SHANGHAI



J’ai passé trois semaines à Shanghai, passant d’un canapé à un autre, prenant le temps de me perdre dans la ville pour prendre des photos de cette métropole tellement surprenante…

Mégalopole de plus de 18 millions d’habitants, Shanghai est en dehors du temps.
En perpétuelle reconstruction, elle possède des buildings parmi les plus impressionnants au monde, aux pieds desquels se nichent des temples très anciens.


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Les nuits à Shanghai sont grouillantes. Les lumières des néons géants ne s’éteignent jamais et la musique qui perce des boites de nuits à la mode couvre à peine le bruit des tiroirs caisses dans les magasins.
D’un autre coté, dès 5h00 du matin, ses habitants se retrouvent dans les parcs pour jouer aux cartes, faire des exercices, et promener leurs oiseaux ou leurs criquets domestiques.





Encore encrée dans le passé et pourtant à l’avant-garde de la modernité, Shanghai regorge de surprises.


Mes rencontres

Tout d’abord je veux vous parler de mes « couch owners », ceux qui m’ont accueilli chez eux…

Il y a Suhail, que vous connaissez déjà.
En poste à Shanghai chez Alcatel depuis 3 ans, ce pakistanais « fluent » en mandarin et danseur de salsa à été l’un de mes hôtes les plus attentionnés…
Lorsque je suis arrivée chez lui, j’ai découvert qu’il m’avait acheté une serviette de bain et un nécessaire de toilette, ainsi qu’un petit chauffage d’appoint (Shanghai n’est pas chauffée pendant l’hiver).
Nous avons eu des conversations passionnantes au sujet du monde arabe et j’ai beaucoup apprécié sa compagnie, même lorsqu’il me trainait à ses réunions «Toastmaster» interminables (Toastmaster est un club international qui à pour but d’enseigner à ses membres à écrire et prononcer des discours en langue anglaise, Suhail y est très engagé et assiste à plusieurs réunions par semaine…)

Ensuite il y a eu Jocelyn, une drôle de fille avec un drôle d’humour…
D’origine Singapourienne, Jocelyn vit à Shanghai depuis quelques années. Etudiante au conservatoire de musique de la ville, elle loge dans une chambre de résidence universitaire, et je devais me planquer du gardien à chaque fois que je voulais renter et sortir du bâtiment !!



Et puis il y a eu Lei, Shanghaienne, écrivain et mère de famille.
J’ai passé près de 10 jours dans sa maison de Pudong, et j’en ai fait un portrait pour mon film. Grace à elle j’ai pu me faire une idée de ce que peut être une famille chinoise aisée et cultivée.

Ensuite j’ai rencontré Craig, le canadien, instituteur en Chine depuis bientôt 5 ans.
Membre actif de couchsurfing et grand humaniste !!
Il m’à hébergé dans son petit appartement du centre et m’à fait découvrir le mode de vie des occidentaux expatriés à Shanghai : sorties, restos, achat de DVD piratés…


Enfin j’ai atterrit chez Phil et Christiania, un petit couple adorable, composé d’une chinoise du Sichuan et d’un français d’origine taïwanaise qui a vécut la plus grande partie de sa vie en Belgique.

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Au-delà de ces rencontres plus ou moins organisées, il y a eu aussi, tout au long de ces semaines passées à Shanghai, des rencontres fortuites, telles que celle de Steve au KFC, que j’ai revu quelques jours plus tard avec sa fiancée pour aller nous promener du coté du marché aux oiseaux.

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Ou encore tous ces étudiants croisés dans les rues, qui désirent pratiquer leur anglais et n’ont pas hésité à m’aborder pour un brin de conversation.
Et les personnes âgées, avec qui la communication ne passe que par le regard et quelques gestes maladroits, et qui pourtant expriment à travers leur sourire toute la bienveillance qu’ils vous témoignent…

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Sans oublier les amis de mes amis, tous ceux que j’ai rencontré grâce à mes différents hôtes ; comme par exemple Maral, une jeune norvégienne d’origine iranienne qui voyage toute seule depuis plusieurs mois et avec qui j’ai pu partager des réflexions intéressantes, ou James, ce journaliste américain complètement déjanté qui nous offert un show impressionnant dans un karaoké, déguisé d’une perruque et d’un costume blanc brillant à la Elvis (soirée Karaoké à laquelle j’ai d’ailleurs moi-même participée activement accompagnée d’un français d’origine africaine du nom d’Eko pour chanter du Céline Dion !!!).

Mais mon séjour à Shanghai n’a pas été de tout repos… et j’ai aussi eu à passer quelques moments difficiles…


Mes coups durs

Tout d’abord vous devez savoir que cet hiver 2007/08 à été le plus froid en Chine depuis des dizaines d’années. Des tempêtes de neiges se sont abattues pendant des semaines sur tout le sud du pays et les températures sont souvent descendues bien en dessous de la moyenne saisonnière.
En gros, je me suis caillée !!!!

Du coup lorsque j’ai voulu me faire faire un petit massage pour relaxer tous mes muscles contractés par le froid, la masseuse à prit sur elle de me faire un massage traditionnel « spécial Hiver ». Malheureusement pour moi, ce n’était pas vraiment relaxant…

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Et puis à vouloir gouter à toutes ces choses bizarres que l’on vend dans les échoppes de rue, j’ai attrapé une terrible indigestion, heureusement passée après 24h de transit en enfer.


Enfin pour terminer l’étalage de mes mésaventures shanghaiennes, je doit ajouter que je me suis fait voler mon portefeuille par un pic-pocket alors que je venait tout juste de faire du change pour une valeur de 100 euros, et qu’en plus c’était le jour de mon anniversaire !

Malgré tout ça j’ai profité à fond de mon séjour pour parcourir la ville de fond en comble et entamer le tournage de mon film.


Mon film

J’ai pu réaliser deux portraits de femmes à Shanghai. Je dois préciser que j’ai choisit cette ville en particulier parce qu’elle est connue à travers toute la chine pour ses habitantes aux ambitions dévorantes et à la volonté de fer.

J’ai donc tiré le portrais de Lei Shi, cette femme qui m’a hébergée par pure générosité et ouverture d’esprit. Un petit bout de femme qui sait ce qu’elle veut, et ce qu’elle veut.
Son parcours traduit d’ailleurs son caractère.
Née vers la fin de la révolution culturelle, Lei s’est orienté vers la littérature, puis vers le journalisme. Apres s’être mariée très jeune, elle a quitté Shanghai sa ville natale, pour partir à Tokyo, puis Hong Kong, pendant quelques années, avant de revenir à Shanghai pour y élever son fils Marcus, âgé aujourd’hui de 9 ans.
Alors que son époux travaille dans la finance, elle a choisit de quitter le journalisme pour mieux s’occuper de sa famille, mais elle continue d’écrire et à déjà publié plusieurs romans et nouvelles dont un best seller.


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Et puis j’ai suivi la jeune Ailing Wang, 25 ans et déjà consultante en communication pour des entreprises comme Microsoft. Sacrée meilleure oratrice de Chine alors qu’elle avait à peine 20 ans, Ailing est une femme de la Chine moderne, tiraillée entre ses ambitions et son attachement aux valeurs traditionnelles.


Bref, des portraits passionnants qui me permettent d’affirme que mon projet documentaire semblait partit sur les bons rails…

Le 20 janvier, j’ai donc quitté Shanghai le cœur léger, impatiente de découvrir de nouvelles régions de cet immense pays qu’est la Chine.


LIJIANG



Apres quelques jours passés à Lijiang, dans le Yunnan, et à me promener à vélo avec James, un anglais rencontré dans un aéroport, à travers des villages sans grand intérêt, si ce n’est quelques temples et une étonnante rencontre avec le docteur Ho de Baisha, j’ai pris un bus pour le lac Lugu.






LUGU HU



Je suis donc arrivée au village de Laoshui le 25 janvier. Avec une idée un peu préconçue de ce qui m’attendais au sein de cette région peuplée en très grande partie de moso, l’une des 52 minorités ethniques chinoises, connue un peu partout pour ses coutumes matriarcales et son « walking Marriage », tradition qui veut que les moso ne se marient jamais entre eux, ni même ne vivent en concubinage.

J’ai rapidement déménagé pour Lige, un autre village du lac, moins touristique, ou j’ai rencontré Naji, celle qui est devenue mon interprète et mon amie.
J’ai vécu chez elle pendant plusieurs semaines, le temps pour moi de tourner un portrait de femme moso, mais aussi de réaliser un autre documentaire selon l’angle suivant : le tourisme affecte la culture moso et sa population, de quelles façons ? et quelles en sont les conséquences ?
J’ai passé 6 semaines à me balader entre les différents villages de la région, du plus touristique au plus animé en passant par le plus reculé.
J’ai vécu avec les moso, j’ai appris quelques mots de leur dialecte, j’ai bu et mangé avec eux. Je me suis parfois sentie presque chez moi.




Mes rencontres

Les plus marquantes, celles qui porteront du fruit dans l’avenir..

D’abord il y a Naji, une jeune moso mère célibataire d’un petit garçon de 3 ans. Elle a été ma traductrice, mon hôtesse et mon amie.
Lorsque l’on s’est croisée pour la première fois, elle s’est présentée sous son nom anglais : Emily. On a tout de suite sympathisées. Naji parle mandarin, moso et anglais ; et elle a immédiatement acceptée de m’aider dans mes recherches en refusant d’être payée ; juste par curiosité.
Elle m’a ensuite hébergée chez elle pendant plusieurs semaines et j’ai partagé la vie de sa famille.
Lorsque je l’ai quitté, elle m’a appelé grande sœur. Ella va beaucoup me manquer.


Ensuite il y a A-shin et Walt, deux taïwanais de près de 40 ans, expatrié dans le Yunnan depuis plusieurs années. Cogérants d’un hôtel/restaurant à Lige, ils vivent à des rythmes différents. L’un est un vrai sportif, un « hicker » en bonne santé qui gravit les montagnes comme s’il enjambait des mottes de terre, tandis que l’autre est un bras cassé à moitié alcoolique mais tellement sympathique…
Ils ont été pour moi une mine d’information et une aide véritable quant à ma compréhension de la culture moso.

Il y a aussi Sihoban, une anthropologue américaine de 27 ans, arrivée au lac accompagnée de son mari pour une année de recherches sur le thème « l’économie de marché et son impact sur la culture moso »


Une rencontre inestimable concernant la réalisation de mon film…

Et puis il y a eu les habitants des villages, qui ont finit par tous connaître mon nom et avec qui j’ai passé des après-midi entiers à jouer aux cartes et à boire du baijo ou du sulima (l’alcool local)… Sans parler des barbecues sur les rives du lac, des ballades en pirogue, des mariages et des anniversaires…

Enfin il me reste à citer les voyageurs :

Yunee la coréenne, avec qui j’ai passé mes 3 premiers jours à Lige, ou Stéphane le français qui regrettait tellement de passer en coup de vent, ou encore Line et Franck ce couple de près de 60 ans qui passe ses vacances en Asie depuis des années ; mais aussi Anna la suisse qui se baigne sans maillot, ou Gazai le chinois nationaliste, et Emma la jeune pékinoise qui s’est donné pour mission d’enseigner pendant un an dans l’une des petites écoles qui bordent le lac, ou une paire de cyclistes dont je ne me souvient plus des prénoms, semi hollandaise, semi anglaise, qui pédale depuis 3 ans sur les routes pavées de la région et chante les Rollings Stones à la perfection…
Enfin des tas de gens sympas… et puis des tas d’histoires aussi dont voilà quelques unes des plus étonnantes…



Mes coups durs

Je commencerai peut-être par vous raconter que du fait de l’altitude (2600 mètres), de l’air sec, du froid et du soleil, j’ai développé sur les mains une allergie au soleil qui à durée plusieurs semaines et s’est manifestée par l’apparition d’énormes cloques, très douloureuses, sur tous mes doigts. Pas pratique pour travailler, mais ça m’a permit d’expérimenter toutes sortes d’onguents et d’huiles de fabrication locale…
A l’autre bout du monde, je sentais la frite de chez Mac Do…

Ce qui ne m’à pas empêché de me retrouver au centre d’une bagarre, au cours d’une soirée bien arrosée, entre deux jeunes Yitzou (une autre minorité ethnique de la région). Chacun voulant me séduire, ne supportait pas de voire ses avances rembarrées, soi-disant à cause de l’autre. Ils n’arrivaient pas à comprendre que même si je les trouvais bien gentils, mon cœur appartenais déjà à un autre… alors ils on finit par se taper dessus tandis que je me faufilais hors de la pièce par la fenêtre !!!

Une autre situation cocasse s’est présentée lorsque j’ai décidé d’aller tourner une séquence à Lijazhue, un village de moso perché sur la montagne, à près d’une journée de marche du lac. Naji ayant dédaigné de m’accompagner par pure flemmardise, je suis partie avec A-Shin, en voiture s’il vous plait !!!
Il a loué un vielle jeep qui devait nous mener, à 3 heures de routes de Yon Ning, dans ce village perdu.
Manque de bol, sur la route (bien que je ne sois pas sure que l’on puisse appeler ça une route…) nous avons malencontreusement crevé (déchiré serait d’ailleurs plus approprié..) l’un des pneus arrière. Apres plusieurs à lutter contre le foutu boulon qui refusait de se laisser dévisser, et grâce à l’aide de bergers qui sont apparus au fur et à mesure pour nous donner un coup de main, nous avons tout de même réussi à reprendre la route… avant de crever le pneu de rechange…
Enfin on a finit par arriver à Lijazhue ou j’ai tourné de magnifiques images !!

Mon film

C’est donc là que j’en arrive à vous parler du tournage…

Grâce à l’aide précieuse de Naji, j’ai tourné deux portraits de femmes moso. L’une d’elle âgée de plus de 70 ans et l’autre d’une 30aine d’années.
Deux générations, deux visions du monde pour ces femmes issues d’une culture matrimoniale très particulière, presque unique au monde…


Mon autre tournage, celui qui a porté sur la question de l’avenir du peuple moso, s’est lui aussi révélé très fructueux.
J’ai eu la chance d’assister à certaines des cérémonies qui marquent la vie d’un individu dans cette société, comme par exemple le passage de la vie d’enfant à celle d’adulte qui s’effectue chez les jeunes de 13 ans par un rite orchestré par un tapa, le chamane local, et par les lamas du temple bouddhiste dont dépend chaque village. Ou encore le mariage, de plus en plus fréquent entre des moso et des chinois han, voire même avec des étrangers…
J’ai aussi assisté à des funérailles, évidemment très différentes de ce que l’on connaît en occident… et puis j’ai partagé le quotidien d’une population que je considère aujourd’hui comme l’une des plus accueillantes et des plus tolérantes.
J’ai hâte de commencer le montage !!!

En fait j’ai passé au lac Lugu plus de 6 semaines, alors qu’au départ je comptais y rester une semaine tout au plus… Je suis tombée sous le charme de ses paysages de montagne à couper le souffle et de ses habitants si souriants.

Mais mon visa arrivant à son terme, j’ai du partir, la mort dans l’âme, vers la capitale du Yunnan, Kunming, pour récupérer un visa vietnamien et filer vers le sud.

KUNMING


J’ai été accueillit pendant ma semaine à Kunming par une américaine du New Hampshire (personne ne sait ou c’est, elle en est d’ailleurs bien consciente… alors je précise que c’est au nord-est des USA), installée en Chine depuis quelques années.
J’ai pu faire ma demande de visa et passer la frontière sino-vietnamienne entre Hekon (à environ 12h de bus de Kunming) et Lao Cai, au Vietnam.

Je garde de Kunming un souvenir très agréable…
On l’appelle la ville de l’eternel printemps, il y fait doux et plutôt beau.
Les étudiants grouillent de partout et l’ambiance y est beaucoup plus détendue qu’à Shanghai, même si cette ville de 5 millions d’habitants passe pour l’une des plus modernes du sud de la Chine.

J’y ai rencontré des voyageurs au long court avec qui j’ai pu partager ma petite (pour l’instant !!) expérience du voyage, et des étudiants comme le jeune Florent, en échange universitaire depuis 6 mois à Kunming, avec qui j’ai passé une soirée à rigoler des paradoxes de la culture chinoise et des malentendus qui peuvent en résulter lorsqu’on l’on en a une compréhension occidentale.

Et puis j’ai profité de mon passage à Kunming pour refaire le plein de frites et de pizzas.. Apres 6 semaines passées à manger du riz blanc et du gras de porc bouillit, je commençais à perdre le gout de la gastronomie !!!


J’ai quitté Kunming le 16 mars. Prenant un bus de nuit pour Hekon, la ville la plus proche de la frontière vietnamienne. J’y suis arrivée tôt le matin, sous une petite pluie fine. Triste de quitter la Chine.



Et pour clore ce premier chapitre sur la Chine, je dirais que ce que je garde en mémoire, ce ne sont pas les bousculades dans le métro, les WC publics en commun, les raclements de gorge (pour ne pas entrer dans des détails un peu scabreux) intempestifs, ou le type qui hurlent dans leur portable, dix rangées derrière sois dans un bus et qu’on entend comme s’il était assis sur nos genoux…

Non… je retiendrais surtout l’accueil que j’ai reçu dans ce pays, la curiosité naturelle de ses habitants, la capacité de se lancer avec optimisme vers l’avenir de son peuple, et la beauté de ses paysages.

On m’avait dit que voyager seule en Chine, sans en parler l’une des langues, serait une épreuve, un obstacle difficile à surmonter… J’ai eu, en réalité, peu de difficultés à m’insérer ; en grande partie grâce à couchsurfing.com, mais aussi parce que les chinois savent s’intéresser à leurs visiteurs, autant que ceux-ci s’intéressent à eux.

samedi 29 décembre 2007

Le jour le plus court...

Cette fois ça y est, je prend l'avion demain à midi direction Shanghai. Trois heures d'escales à Moscou et j'arriverai en Chine le 31 décembre à 9h45.
Grâce à coachsurfing.com, j'ai trouvé des bonnes âmes qui ont accepté de m'héberger au moins les premiers jours de mon séjour. Un seul inconvenient cependant: la personne chez qui je dors le jour de mon arrivée travaille jusqu'à 17h00... Il va donc falloir que je trimballe mon sac (23 kilos, et oui, et oui...) et mon matos (13 kilos) toute la journée, à moins de trouver une consigne digne de ce nom. Enfin je verrai bien sur le moment..
Quoiqu'il en soit, cette semaine me semble être passée à la vitesse de l'éclair, et quant à cette dernière journée, n'en parlons pas...
En dépis du poids de mes bagages, j'ai l'impression d'avoir oublié des millions de choses!!!
Tant pis, de toutes façons mon sac est bouclé et il le restera jusqu'à mon arrivée en Chine!

lundi 3 décembre 2007

Oui, oui, je suis toujours à Paris...

Hum,... difficile à croire, je sais, mais je ne suis toujours pas partie! Deux mois de retard sur mon planning, pfff... tant pis, je resterai en Asie deux mois de plus de toutes façons... Depuis mon dernier message sur ce blog, pas mal de choses ont quand même avancé: j'ai obtenu une bourse de 5000 euros du défi jeune. Cést moins que ce que j'esprérais, mais c'est mieux que rien! J'ai pris mon visa pour la Chine : 90 jours pour 35 euros, c'est correct. J'ai effectué mes dernières visites de santé (dentiste, gynéco, etc...) et j'ai surtout beaucoup travaillé sur mon dernier projet documentaire, "Bharat Mata, histoires d'un retour aux sources" un 52 min. qui sera diffusé sur RFO. C'est d'ailleurs la principale raison de mon retard...

Mais j'ai mon dernier (avec de la chance...) rendez-vous chez RFO cette semaine et j'espère qu'on reglera les derniers détails du contrat pour que je puisse enfin prendre mon billet d'avion l'esprit serein... Pendant ce temps là, je continue de travailler sur les préparatifs du tournage de "Face à femmes" en essayant surtout de réccupérer un maximum de contacts utiles (professionnels de l'audiovisuel, globe-trotters, ONG et associations diverses..). J'ai d'ailleurs eu la chance de rencontrer Titouan Lamazou, qui expose en ce moment au musée de l'homme un projet intitulé "Zoe, Zoe, femmes du monde". Il m'a présenté Delphine, qui a organisé, dans le cadre de ce projet, le tournage d'une série de portraits de femmes à travers le monde. Grâce à elle, je vais pouvoir entrer en contact avec pas mal de gens interessants...
Enfin voilà, quoi, petit à petit, les choses avancent. Et en attendant mon prochain post sur ce blog, voilà la bande annonce de Bharat Mata...

vendredi 19 octobre 2007

Toujours là, mais plus pour longtemps!

Le départ approche, même si finalemment, j'ai l'impression de sans cesse repousser la date fatidique... Consciemment ou pas, le fait est que je n'ai toujours pas pris mon billet pour la Chine! Mais j'ai tellement de boulot à rendre avant de partir que je veux être sure d'avoir tout livré avant le grand départ... Comme par hazard, c'est au moment de tout arrêter que j'ai le plus de propositions sur le plan professionnel (et financier!!).
Enfin bon, je termine ce pour quoi je me suis engagée et je m'en vais!!!
Je compte désormais décoller pour Shanghaï le 20 novembre: je serai en Martinique du 25 octobre au 8 novembre pour deux semaines de tournage intensif.
Le temps de monter tout ça et ensuite... Vogue la galère!!
J'ai d'ailleurs décidé de démmarer mon voyage chez l'habitant (Shanghai étant une ville assez chère, autant éviter de trop emputer mon budget). J'ai visité les sites web d'hospitality club et de coach surfing, Shangaï déborde de curieux avides de rencontres (parmi lesquels beaucoup d'expat.). Je n'ai encore pris aucun contact mais je pense que je n'aurai pas trop de mal à trouver une bonne âme qui accepte de me loger pendant 3 ou 4 jours.
En ce qui concerne les préparatifs du départ, il ne me reste plus qu'à réserver mon billet d'avion (pobablement sur Aeroflot), à acheter mon traitement anti pallu. et prendre mes visas pour la Chine et le Laos.
Donc en gros, je suis presque partie!!! (si, si, c'est vrai!!!)

mercredi 8 août 2007

Chassez le naturel, il revient au galop...

Et oui, je sais, ce n’est pas très sérieux…. Ma dernière mise à jour date du mois d’avril et on est déjà en août… Entre temps, j’ai rendu mon appartement (une bonne chose de faite, vu ce que j’économise en loyers), résilié tous mes contrats (EDF, Free, etc…) et terminé de me faire injecter toutes sortes de vaccins (rage, encéphalite japonaise, typhoïde, méningite, et compagnie…).
Me voilà sans domicile fixe (avec quand même quatre jeux de clés dans mon sac) et prête à partir.

Prête… enfin presque ! Ces derniers mois, sur les conseils d’un ami qui en avait bénéficié, je me suis lancée dans une course aux subventions. Le ministère de la jeunesse et des sports, dans le cadre du dispositif « Envie d’Agir », subventionne des « Défi jeunes ». Il s’agit d’une bourse censée aider à la réalisation de projets personnels à vocation culturelle ou humanitaire.
Jusqu’à 8000 euros de soutient en numéraire, tout juste de quoi m’acheter la caméra de mes rêves !



La sélection se fait dans chaque département sur dossier, puis sur entretient.
Pour participer au « Défi jeune », j’ai du présenter un projet plus clair et plus précis que ce que j’avais jusque là en tête.
Passant du simple voyage en Asie, à une quête de soi à travers la confrontation aux autres, mon projet s’est étoffé.

Par hasard, en me promenant sur le net, j’ai découvert que les femmes d’Asie du sud étaient, selon l’ONU, les plus discriminées au monde. Une information qui m’a interpellée et m’a amenée à réfléchir à la question de la discrimination à l’encontre des femmes et à la place de la femme au sein de nos sociétés.
Alors j’ai décidée que si mon voyage devait avoir un intérêt général, il devrait servir la cause des femmes et promouvoir la tolérance.
J’ai donc monté un projet de film intitulé « Face à femmes », fait d’un 10aine de portraits de femmes que j’aurai rencontrées au long de ces 18 mois à travers l’Asie du sud.



Pour moi, ce sera l’occasion de découvrir leurs modes de vie et probablement de remettre en question ma vision des femmes, et à travers elles, de moi-même.
Un vrai défi donc ! Et qui ne rends mon voyage que plus excitant !

Du coup j’ai rajouté la Chine à mon parcours (pour faire un tour du côté du Yunan, où vivent les tribus Na, sociétés matriarcales ou les homme n’occupent aucun rôle sur le plan social, ils ne sont perçus qu’en tant que reproducteurs).
Je prendrai l’avion fin octobre, début novembre (jury du « Défi jeune » oblige) à Paris pour Shanghai ou Canton. De là, je descendrai vers les montagnes du Yunan avant de continuer vers les Laos, Vietnam, Cambodge, Thaïlande, Birmanie, Bangladesh, Inde du nord est, Népal, Inde du Nord Ouest, Pakistan, Inde, Sri Lanka…