Coup d'oeil sur l'Asie

lundi 21 juillet 2008

En passant par le pays Khmer


Cambodge urbain : Phnom Penh


J’ai passé la frontière entre le Laos et le Cambodge le 18 juin. Après un interminable trajet en minibus (en changeant 4 fois de véhicule, à chaque fois pour embarquer dans un bus plus pourri que le précédant…), j’ai fini par arriver à Phnom Penh, la capitale khmer.
Heureusement mon hôte couchsurfing, Marjolaine, m’attendait et j’ai pu profiter dès mon arrivée d’une bonne douche et d’une nuit de sommeil bien méritée…

Le lendemain je suis partie à la découverte de la capitale, une ville typique des pays en voie de développement, bien poussiéreuse, animée dès les premières heures du jour, et dont les artères hyper encombrée regorgent de surprises !!!
La nuit, très peu de rues sont éclairées et des rats gros comme des chats s’approprient les trottoirs jonchés d’ordures. Les gamins des rues sont partout à mendier quelques riels ou tenter de vendre leurs babioles. Les moto-dops (mototaxis), tuk-tuks, et rickshaws (qui sont en fait des cyclos) ne ratent pas une occasion de proposer aux touristes un tour des sites à visiter, mais ils restent très polis et n’insistent pas au-delà d’un « at te, aa kun » qui signifie simplement « non merci ». Peu d’entre eux parlent anglais, ils ne savent pas lire un plan et connaissent mal la ville. Il faut donc la plupart du temps étudier soi-même la carte avant d’embarquer pour pouvoir leur indiquer le trajet au fur et à mesure !
Un exercice assez compliqué au début, mais auquel on se fait rapidement.


J’avoue que j’ai négligé les visites de musées et sites touristiques officiels… Honte sur moi !! J’ai préféré faire le tour des marchés et, moins amusant, des sites non touristiques et non officiels comme le squat de Dey Krahorm et son White building (bien connus des habitants de la ville et ne figurant pourtant sur aucune carte) ou encore la grande décharge de Phnom Penh, sur laquelle vivent des milliers de familles.

Deux endroits ou la misère saute aux yeux et retourne l’estomac.
Sur la décharge en particulier, j’ai été scandalisée de voir des enfants ramasser parmi les ordures de la nourriture pourrie et tenter de l’avaler avant de la recracher tellement son gout devait être insupportable… Et puis le fait de voir les gens (qui vivent de la revente du plastique et du métal ramassé parmi les déchets) s’agglutiner derrières les camions (au risque de se faire écraser) lorsqu’ils déversent les ordures… Je crois que je n’avais jamais rien vu de pire…




A Dey Krahorm, la population (quelques centaines de familles contre des milliers il y a encore quelques années) est menacée d’expulsion (ou en cours d’expulsion pour être exacte), victime de la spéculation immobilière galopante qui ronge la capitale cambodgienne. Les quelques irréductibles qui restent sur le squat vivent dans des conditions déplorables.
Un peu mieux installé, les habitants du White building (bâtiment construit dans les années 80 par le célèbre architecte cambodgien Vann Molyvann et classé patrimoine historique) doivent eux aussi faire face aux menaces d’expulsion (et du coup payer grassement la police pour se prévenir des incendies !!). Ils doivent aussi supporter la prostitution et les trafics en tous genres qui s’opèrent, la nuit tombée, dans et autour du bâtiment. Bref, des conditions de vie pas vraiment idéales…




Mes rencontres :

J’ai passé une semaine en couchsurfing chez Marjolaine, 22 ans, stagiaire à Phnom Penh pour un période de 6 mois ; et sa colocataire polonaise Maya.
Grâce à elles j’ai découvert la vie nocturne de Phnom Penh !
Fête de la musique oblige, j’ai assisté avec les filles à plusieurs concerts de musique khmer et française (dont d’ailleurs un concert mêlant des musiques traditionnelles khmer et bretonnes : étonnant mais plutôt sympa !!).
On s’est fait ensemble des petits restos de rues (encore des nouilles et du riz frit…) mais aussi des restos un peu plus chics (et plus chers !) où enfin j’ai pu gouter à des saveurs nouvelles (à tester absolument si vous en avez l’occasion : l’amok, un vrai régal !!)
J’ai vraiment sympathisé avec elles et Marjolaine prévoit même de m’accompagner en Chine au mois d’aout. On passera une 10aine de jours ensemble dans le Yunnan puis elle repartira vers le Cambodge pendant que je continuerai ma route vers le Tibet et le Xinjiang.

Grace aux filles, je me suis introduite au sein de la communauté expatriée francophone. Beaucoup de nanas : Julie, Caroline, Gaëlle, Maude, Samia… et quelques couples. La plupart sont là pour une courte durée (3 mois à 1 un an) mais font tout de même quelques efforts pour s’intégrer (au minimum en apprenant à parler le khmer). Des gens formidable qui m’ont beaucoup appris et m’on aidé de leur mieux à comprendre la société cambodgienne et surtout à avancer dans mes recherches. C’est d’ailleurs grâce à eux que j’ai pu rencontrer Leakhena, sujet de mon premier portrait cambodgien.

Mes coups durs :

Pendant ces 3 semaines à Phnom Penh, je n’ai pas rencontré de difficultés particulières : pas de vol, d’arnaque, de chien enragé ou de massage guerrier…

Par contre j’ai pas mal souffert de solitude (alors qu’en réalité j’étais rarement seule…) Ça n’a pas été facile de me réadapter aux conditions du voyage en solo… Ricardo me manque beaucoup et je dois retrouver mes habitudes de vieille fille avant de sombrer dans la déprime !! On ne se revoit pas avant 6 mois, donc je n’ai plus qu’à prendre patience…

Sur un plan beaucoup plus pratique (et beaucoup moins grave), j’ai plus ou moins causé la perte de mes baskets (2eme paire de chaussures en 6 mois…).
Je m’explique :
Apres 3 passages sur la décharge de Phnom Penh, mes baskets ne m’inspirent plus confiance et malgré 2 lavages à grande eau et brossage effréné, je n’ose plus y mettre les pieds. Je me dois de préciser qu’elles n’ont pas seulement parcouru le gigantesque tas d’ordures de long en larges, mais qu’elles en ont carrément exploré les entrailles…
En effet, je me suis par deux fois enfoncé jusqu’aux genoux dans les immondices (déchets industriels et domestiques, nourriture avariée, serviettes hygiéniques, et j’en passe..) et j’ai pataugé dans du jus de décharge (une eau noire résultant des pluies filtrées par les ordures) pendant des heures (ne voulant pas marcher pieds nus sur la décharge).
Cela dis dans mon malheur j’ai eu de la chance : je me suis enfoncé dans les ordures, certes, mais au moins elles n’étaient pas en train de bruler !!! Car sur cette décharge, il arrive parfois que les collecteurs d’ordures s’enfoncent jusqu’à la taille dans des tas de déchets en combustion (qui paraissent pourtant complètement éteins à la surface) et en ressortent brulé au 2 ou 3eme degré…

Mon film :

Si j’ai si souvent fréquenté la décharge, ce n’est évidemment pas par pure plaisir…
C’est que la jeune femme dont j’ai fait le portrait, Leakhena, âgée de 25 ans, à grandit sur cette décharge.

Abandonnée par sa mère alors qu’elle n’avait qu’une dizaine d’années, elle a du s’occuper de ses 3 sœurs et de son frère (âgé de seulement quelques semaines) et subvenir à leurs besoins, jusqu’à ce que, quelques années plus tard, toute la fratrie soit prise en charge par PSE (Pour un Sourire d’Enfant), une OGN française bien connue à Phnom Penh.
Grace à son caractère ambitieux et sa volonté de fer, elle a réussit à se sortir de la misère et vit aujourd’hui une vie confortable. Toujours en charge de ses frères et sœurs (dont l’une est décédée, écrasée par un camion décharge), elle a aujourd’hui un fils de 4 ans dont elle partage la garde avec son ex-mari.


Un portrait éloquent, qui m’a permit de mieux comprendre le sens que prend le terme « famille » dans la société cambodgienne.


Cambodge rural : Kampong Thom



Mon séjour à Kampong Thom, à moins de 200 km de la capitale, a démarré sous de bons auspices. Accueillie par les membres du bureau local de la LICADHO, la ligue cambodgienne pour les droits de l’homme, j’ai tout de suite été mise en contact avec des femmes victimes de viol et de violences conjugales, deux types de violences envers les femmes très fréquents au Cambodge.
Ces femmes et jeunes filles vivant, pour la plupart, dans des villages isolés et n’ayant pas de moyens de communication, j’ai du essuyer quelques échecs (il m’est arrivé de me déplacer avec mon traducteur et de faire plusieurs heures de moto sur des routes poussiéreuses et non entretenues pour finalement à l’arrivé, apprendre que la victime avait déménagée depuis plusieurs semaines ; résultat : une journée de boulot perdue et des frais inutiles).

J’ai profité de ce temps libre pour me balader dans les villages aux alentours de Kampong Thom. La vie ici est bien plus paisible qu’à Phnom Penh. La ville est toute petite et en dehors de la route nationale 6, qui relie Phnom Penh à Siam Riep et traverse le centre ville, la circulation est limitée. En prenant les petites rues qui partent de cette route principale, on se retrouve très vite en pleine campagne.
L’école n’ayant cours que le matin ou l’après-midi, selon les classes, il y a en permanence des gamins en train de jouer le long des chemins de terre rouge.

Partout autour des villages, les rizières s’étalent à perte de vue. C’est un vrai régal pour les yeux… Et comme dans toutes les campagnes que j’ai traversées jusque là en Asie, les gens sont souriants et ne ratent jamais l’occasion d’échanger un « hello » avec les étrangers.


Mes rencontres :

Pas de couchsurfing à Kampong Thom et je reste à l’hôtel Arunras, le principal hôtel de la ville (et le seul bâtiment à posséder un ascenseur !!). La chambre coute 6 USD mais j’ai un bureau pour travailler, un ventilateur en état de marche et une salle de bain particulière… J’y ai atterrit parce que c’est là que logent Emilia et sa collègue Annie.

J’ai rencontré Emilia à Phnom Penh, mais c’est à Kampong Thom que j’ai appris à la connaître. Française, de mère martiniquaise, Emilia a 25 ans. Elle parle couramment français, anglais, allemand et espagnol et travaille pour la coopération allemande.
Elle est venu passer quelques jours à Kampong Thom pour réaliser des interviews de femmes battues et c’est elle qui m’a mit sur la piste de LICADHO. Intelligente, ambitieuse et en même temps très attachée aux valeurs humaines, elle est le type même de personne avec qui j’espère rester en contact.

La LICADHO, Ligue Cambodgienne pour les droits de l’homme, est l’une des organisations les plus actives au Cambodge. Présente sur tous les fronts (droits des femmes, conditions de vie en prison, droit au logement, liberté de la presse, lutte contre la corruption, etc…) elle possède des bureaux à Phnom Penh et en province. Les membres du bureau de Kampong Thom, messieurs Noung Samoeun, Chhoum Run et Ek Sothea m’ont réservé un accueil chaleureux et m’ont plus qu’aidé dans mes recherches. Ils ont pris le temps de m’écouter et m’ont mis en contact avec des victimes de viol et violences conjugales sans perdre de temps. Ils m’ont même accompagné dans les villages (prenant sur leur temps de travail) et m’ont aidé à trouver un traducteur. Sans eux, je n’aurais jamais pu réaliser mes portraits…

Il me reste enfin à vous parler de mon traducteur, Chhit Neath, professeur d’anglais dans une école privée de Kampong Thom. En dehors de son habitude de répéter sans cesse « OK, right » et de couper la parole à son interlocuteur (très embêtant pendant les interviews…), il a été vraiment adorable. Il m’a invité à diner chez lui, très fier de me présenter sa famille, et m’a convié à rencontrer ses élèves… Pendant 2 heures, j’ai fait le tour des salles de classe pour échanger quelques mots avec des jeunes de 14 à 20 ans dont la principale préoccupation était de savoir si j’étais mariée et comment je trouvais les cambodgiens !!!


Mon film :

En dépit du fait que le Cambodge soit une société de type matrimoniale, beaucoup de violences existent à l’encontre des femmes et leur situation n’est pas enviable. Prostitution, trafic, viols et violences en tous genres, jets d’acides… et par-dessus tout ça, la misère ; les khmères n’ont pas la vie facile. Dans les zones rurales en particulier, le manque d’information et la corruption des services de police dissuade les victimes de porter plainte contre leur agresseur. La situation perdure, aux vues et aux sus de tous les chefs de village.

Pour illustrer la condition des femmes au Cambodge rural et dénoncer les discriminations dont elles sont victimes, j’ai choisit, avec l’aide de la LICADHO, de rencontrer Sokunthea, une jeune femme de 24 ans, mariée depuis déjà 8 ans et mère de 3 enfants. Elle vit avec sa grand-mère dans le village de Balang, district de Kampong Thom. Il y a environ un mois, juste après la naissance de sa dernière petite fille (le lendemain de son accouchement pour être exacte !!) son mari, pris d’une crise de rage, lui a ouvert la tête à coup de couteau. Il avait l’habitude de la battre, mais cette fois il avait dépassé les bornes : le chef du village est intervenu. Sokunthea a décidé de porter plainte.
Apres avoir été arrêté par la police puis relâché au bout de 3 jours, le jeune homme (24 ans) est parti avec son fils de 4 ans dans une autre province. Ses parents ont convaincu leur belle fille de retirer sa plainte.


En tournant le portrait de Sokunthea, je me suis rendue compte que les femmes victimes de violences conjugales au Cambodge sont mal informées de leurs droits. Elles ont aussi tendance à accepter la violence comme quelque chose d’inéducable, et donc à la supporter jusqu’au bout. D’autre part, la corruption au sein des organes répressifs est telle que souvent la victime se retrouve sans recours possible.
D’un point de vue plus technique, j’ai eu beaucoup de mal à interviewer Sokunthea. Bien sure, d’une part, parce que le sujet n’est pas facile à aborder, mais aussi parce qu’elle a eu beaucoup de difficultés à répondre aux questions un peu abstraites. Je me suis rendue compte que du fait de son maque d’éducation, elle avait des capacités d’analyse et de réflexion réduites (ce qui bien sure n’a rien à voir avec son degré d’intelligence) et qu’en dehors de tout ce qui concernait les aspects pratiques et matériels de sa vie, elle ne se posait pas de question…

L’autre femme que j’ai rencontrée dans le but de décrire la situation des femmes en zone rurale se prénomme Chakryia. Elle à 18 ans, vit avec sa grand mère, ses parents et ses 5 frères et sœurs dans le village de Thnal Bek, district de Kampong Svay.
Au mois d’avril dernier, alors qu’elle allait faire une course pour un voisin, elle a été agressée et violée par un individu âgé de 25 ans.
Poussée par ses parents et avec le soutien de tout le village, elle à porté plainte. Apres avoir passé 3 semaines en prison, le violeur a été relâché et à fui dans une autre province.
Dynamique, courageuse et ambitieuse, Chakryia a choisit d’aller de l’avant. Elle continue à suivre des cours au lycée dans l’espoir de pouvoir un jour travailler pour une ONG et défendre la cause des victimes de viol.

« Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », telle pourrait être sa devise. Ce n’est malheureusement pas celle de la majorité des femmes violées au Cambodge. Il faut d’ailleurs savoir que le viol est un acte courant dans ce pays, semblerait-il depuis la période khmer rouge. Les victimes sont des femmes de tous âges, et souvent mêmes des enfants (80% des cas répertoriés par la LICADHO concernent des fillettes de moins de 14 ans). Elles sont violées par des voisins, des amis, voire même des membres de leurs familles. Pour celles qui n’étaient pas encore mariés, la vie devient difficile. Non seulement elles apportent la honte sur la famille mais en plus elles sont devenues impures et impossible à marier… Le cas de Chakryia nous prouve que les mentalités commencent à changer, autant au niveau des victimes, que de leur entourage. Mais combien de femmes auront eu à supporter les conséquences illégitimes et totalement injustes de leur agression (les parents allant même parfois jusqu’à marier la victime avec son agresseur pour sauver la face !!!) ?


Entre deux : Siam Riep




Apres avoir quitté Kampong Thom, je me suis arrêté quelques jours à Siam Riep, avant de continuer ma route vers la Thaïlande.
J’en ai profité pour prendre des vacances et aller visiter les célèbres temples d’Angkor, l’un des sites touristiques les plus visités au monde.


L’accès au site se monte à 20 USD par jour, une vraie fortune dans cette région du monde, et compte tenu du nombre de visiteurs, les temples sont une vraie manne pour le gouvernement local.

Du coup Siam Reap est une ville développée et agréable. Ses rue sont propres et bien moins grouillantes que celles de Phnom Penh. Les hôtels, bar et restaurants fleurissent dans le quartier touristique du vieux marché.
La population locale semble aussi mieux lotie que dans la capitale ; et même aux alentours, on voit peu de maisons en feuilles tressées, la plupart étant construites en bois ou en ciment.

Mes rencontres :

A Siam Reap, j’ai passé mes soirées dans le bar du copain d’un copain, installé au Cambodge depuis 10 ans, à boire de la bière avec des expatriés et franco-khmers d’un style complètement différent de ceux que j’avais rencontré à Phnom Penh : la plupart étant des bizness men, et non pas des travailleurs sociaux.

Et puis j’ai rencontré Méline, une bretonne de Paris avec qui j’avais plein de points communs (son copain est musicien et son beau-frère rugbyman !!)
Ensemble, on s’est promené jusqu’au village sur pilotis de Kampong Pluk… Une virée jusqu’au Tonlé Sap en tuk-tuk, moto et bateau, le tout sur des routes presque impraticables et des canaux étroits. Enfin le village valait le coup d’œil et le coup de camera !!!

jeudi 19 juin 2008

Sweet Lao

Lao d’en haut

Après avoir passé la frontière entre le Vietnam et le Laos à Nam Can et au sortir d’un trajet en bus d’une 20aine d’heures, je suis arrivée à Vientiane, la capitale Lao en croyant (comme les autres passagers occidentaux du bus d’ailleurs…) que je m’étais fait arnaquée et larguée au milieu de nulle part… En fait non, j’étais bien à Vientiane, seulement cette ville de 200 000 habitants ressemble tellement plus à une petite ville de province qu’à la capitale d’un pays d’Asie du Sud-est qu’en y débarquant avec seulement quelques heures de sommeil dans les pattes, j’ai cru devoir reprendre un bus pour arriver à destination !

Finalement, j’ai embarqué dans un tuk-tuk direction le centre ville, à moins d’une dizaine de kilomètres de là.

Je suis arrivée chez mon « couch owner », un prof. de français béninois du nom de Sorif, installé sur le campus de l’Université d’ingénierie de Sokpaluang.


Vientiane


Dès cette première journée, j’ai pu apprécier le calme et la tranquillité de cette ville tellement différente de toutes les autres capitales de la région.
Ici, pas d’embouteillages, pas de bruits de klaxon… Les rues sont larges, propres et bordées de trottoirs en parfait état. La nuit, un peu partout, on entend les insectes et les grenouilles s’égosiller dans un concert des plus surprenants.

Vientiane borde le Mékong, ce grand fleuve rouge qui délimite la frontière d’avec la Thaïlande. Sur ses berges des petites échoppes vendent de la bière et des shakes aux fruits pour presque rien. On y mange des brochettes de viande et de poisson accompagné de « sticky rice », préparé selon la tradition Lao.



La ville regorge de temples bouddhistes, les « vats » où des moines en tenue orange passent leurs journées à dormir à l’ombre d’arbres imposants dont on comprend, à la taille de leur tronc et l’épaisseur de leur feuillage, qu’ils ont déjà traversé plusieurs siècles.



Au total, j’ai passé à Vientiane un peu plus de 2 semaines, le temps de m’imprégner de son ambiance nonchalante et de profiter des innombrables sourires qu’adressent les Lao de tous âges aux étrangers, généralement accompagné d’un joyeux « sabai dee », qui signifie tout simplement bonjour en langue lao.
J’ai été surprise de découvrir le mode vie des jeunes de la classe moyenne, assez nombreuse à Vientiane. Ceux-là même qui paradent sur des scooteurs flambants neufs et se déchainent dans les boites de nuit au son des rythmes d’un Eminem ou d’une Britney Spears ; les filles fringuées en mini et les garçons arborant des coiffures hyper élaborées (et hyper, hyper gominées !).
J’ai eu du mal en croire mes yeux quand j’ai vu la facilité avec laquelle les « falangs », autrement dit les étrangers, attiraient les jeunes filles lao dans leur lit : un coup d’œil, un échange de numéro de téléphone, et le lendemain l’affaire est réglée… Cela malgré le fait qu’au Laos, les relations sexuelles hors mariage entre lao et étrangers sont complètement interdites et répréhensibles d’une très grosse amende (environ 2000 dollars) et d’une expulsion du pays pour l’étranger. Et je ne parle pas là de prostitution !!!
Cela dit, les relations amoureuses et sexuelles hors mariage, même entre jeunes lao, semblent beaucoup moins taboues que dans les autres pays d’Asie que j’ai pu visiter jusque là. D’ailleurs, autre surprise et non la moindre, ici, les travestis sont choses courantes… On les appelle « catoys » ou lady-boys, et ils sont complètement intégrés à la société Lao. Ils se promènent maquillés et vêtus en femmes, au point qu’il est parfois difficile de faire la différence. Il semblerait que la culture lao, au moins dans certaines ethnies, favorise l’homosexualité et le changement (au moins en apparence..) de genre. D’après ce que j’ai pu récolter comme infos, ce sont souvent les familles qui choisissent d’élever l’un de leur fils comme une fille, et ce dès sa naissance.
Il faut dire qu’au Laos, les femmes sont vraiment les piliers de la société et de la famille : ce sont généralement les filles ainées qui travaillent pour nourrir leurs familles et en cas de mariage, le nouvel époux emménage dans la maison de sa femme, contrairement aux traditions en vigueur dans les pays frontaliers du Vietnam et de la Chine.


Mes rencontres

Comme d’habitude, d’abord mes hôtes de couchsurfing…
Au Laos malheureusement, l’offre en canapés à surfer est assez pauvre… Lors de mes recherches, je n’ai pu trouver que 3 personnes prêtes à héberger des bagpackers. J’en ai choisit une chez qui je suis restée plus d’une semaine !!!
Il s’agit d’un béninois d’une trentaine d’année, Sorif, dont j’ai déjà fait mention plus haut.

Installé au Laos depuis seulement 3 semaines avant mon arrivée, il fait partie d’un programme de l’agence pour la francophonie, qui consiste à placer pour des contrats d’un an, une 20aine de professionnels francophones, dans des institutions et entreprises pour favoriser l’apprentissage de la langue à l’étranger.
Très accueillant, Sorif n’a pas hésité une seconde à me prêter sa chambre d’amis et à me présenter ses relations à Vientiane.
Grace à lui, j’ai découvert la cuisine des meilleures échoppes de rue.


Sur le campus de Sokpaluang, j’ai aussi fait la connaissance « des français » : un groupe de 3 étudiants en école d’ingénieurs à Paris en stage pour 3 mois au Laos, et d’une fille du nord de la France, elle aussi prof de français à l’université.
Alexandre, Julien, Stéphane et Laurie-Anne ont été pour moi des guides précieux…
Grace à eux j’ai découvert la vie nocturne de Vientiane, et surtout j’ai rencontré Noy, dont j’ai tiré le portrait pour mon film.


Aachal, je l’ai trouvée sur couchsurfing. Originaire des iles Fidji, elle vit à Vientiane depuis près d’un an et travaille pour le programme alimentaire mondial des Nations Unies. On s’est donné rendez-vous pour un déjeuner et on a tout de suite sympathisé.
Elle m’a invité à son anniversaire, quelques jours plus tard, et là j’ai pu me faire une idée de la présence humanitaire au Laos… Au moins une 50aine d’expat. étaient présents, tous employés d’ONG !!! J’ai tenté de faire mon marché pour repérer ceux qui pourraient m’orienter dans mes recherches et j’ai finalement rencontré Vong, un jeune Lao francophone qui m’a mit en contact avec la personne idéale, directeur d’une association chargée de réinsérer les femmes victimes de trafic.

Enfin, parmi mes rencontres à Vientiane, je dois dire que la plus importante pour moi à été celle dont je rêvais depuis longtemps… Ricardo, mon amoureux, est venu passer 3 semaines avec moi au Laos. Tout s’est décidé à la dernière minute et on a pu fêter ses 30 ans ensemble dans un restaurant gastro de la capitale. On s’est baladé du nord au sud et en vrai gentleman, il porté mon sac pendant tout son séjour !!!

Ces petites vacances m’ont fait beaucoup de bien et m’ont permis de recharger mes batteries pour la suite. Prochain rendez-vous : l’Inde en décembre… Aïe aïe aïe, je compte déjà les jours !!!

Mes coups durs


Au Laos la vie est facile… la criminalité, en particulier envers les étrangers, est pratiquement nulle, et je n’ai rencontré aucun soucis particulier.
La plupart des gens sont aimables, accueillants et parlent un peu anglais (en particulier ceux qui sont en contact régulier avec les touristes) ou même français…
Vientiane est une petite ville et il est très facile de s’y orienter. Les transports publics sont peu onéreux et plutôt bien organisés, bref, c’est un peu le paradis de l’Asie du sud-est…


Mon film


Là par contre, les choses ont été moins faciles que partout ailleurs… Rien que dans mes recherches, j’ai rencontré beaucoup de difficultés à obtenir des informations.
N’ayant pas les autorisations officielles nécessaires pour tourner au Laos (autorisations quasi impossibles à obtenir, surtout compte-tenu de la teneur et des conditions de réalisation de mon projet), j’ai du faire face à beaucoup de mauvaise volonté de la part de mes interlocuteurs.
La seule organisation nationale Lao en charge des femmes, l’Union des Femmes Lao, à qui j’ai rendu visite sans préciser mes véritables intentions (je leur ai juste demandé s’il était possible de faire du bénévolat et de participer à leurs projets – tout ça, juste pour en connaître la teneur) m’a quasiment mise à la porte de ses locaux (tout à fait poliment cependant…) avant de téléphoner, tout de suite après mon départ, au ministère des affaires étrangères pour les prévenir de mon passage (ce que bien sure je n’ai appris que plus tard).

Les responsables des ONG et les Nations Unies, à qui j’ai cette fois annoncé clairement mon projet, ont tout simplement refusé de me recevoir, même seulement pour me faire un topo sur la situation des femmes dans le pays…

L’association des femmes Lao en France, avec qui j’étais déjà en contact avant de quitter Paris et qui soutient mon projet, m’a mise en relation avec l’une de leur contact à Vientiane, une personne qui n’était autre que la femme du directeur du service de presse du ministère des Affaires Etrangères !!! Je me suis fait grillée…
Cette dame m’à téléphoné un jour en se présentant et en m’annonçant que je devais rencontrer son mari pour faire une demande officielle d’autorisation de tournage. N’ayant d’autre choix (puisqu’ils étaient déjà au courant de ma présence en ville et de mes intentions) que de suivre ses indications, je me suis présentée (soutenue par Ricardo !!) au bureau du service de presse pour faire ma demande. Là, le chef du service m’a remonté les bretelles pour avoir tenté de prendre contact avec l’Union des Femmes sans aucune autorisation (c’est la que j’ai su pour le coup de téléphone…) et m’a demandé un descriptif complet de mon plan de tournage avec les noms des personnes que je souhaitais interviewer, la liste des questions que je leur poserais, le détails des images que je comptais tourner, etc… Vive la République DEMOCRATIQUE du Laos !!!

J’ai donc fait une demande de mise en contact avec l’Union tout en sachant qu’elle n’abouterait pas, tout ça pour ne pas éveiller les soupçons et pouvoir continuer mes recherches ailleurs…

C’est d’ailleurs ce que j’ai fait… après avoir rencontré officieusement le responsable d’une ONG en charge de femmes victimes de trafic (sexuel et autres…) vers les pays frontaliers, j’ai pu obtenir (en échange de la promesse de ne pas faire apparaître les liens entre cette association et moi dans le film et de garder secrète l’identité de la jeune fille) qu’il me présente à des personnes de son équipe (toujours officieusement et en dehors de leurs bureaux), qui m’ont finalement amené à rencontrer une jeune prostituée de nom de Tiam.


Tiam
A 18 ans, Tiam a déjà un passif plutôt consternant… Issue d’une famille pauvre des campagnes lao, elle est confiée à 13 ans à une proche de la famille installée en Thaïlande. Forcée à travailler sans rémunération dans une usine, elle rencontre un jeune thaï de 7 ans son ainé et se marie avec lui. Alors qu’elle n’a que 14 ans, son mari est mobilisé dans l’armée et elle se retrouve seule dans sa belle famille, là encore, forcée de travailler sans jamais recevoir une seule pièce de monnaie. Au bout d’un an, elle quitte sa belle mère et revient au Laos, où elle se laisse entrainer par une amie à travailler dans un bar.


Rapidement amenée à se prostituer, elle passe les 5 années suivantes à travailler dans différentes maisons de passe au Laos et en Thaïlande. (Là je fais cours, l’interview a durée près de 3 heures..)
Il y a environ un an, elle atterrit à Vientiane et entend parler de cette organisation qui aide les jeunes filles dans son cas. Elle prend contact avec eux, laisse tomber son job de « danseuse » et entame une formation de coiffeuse. C’est dans le salon où elle travaille que je l’ai rencontré.

Noy
Noy, je l’ai rencontrée par Stéphane, le jeune stagiaire de Sokpaluang. Elle est sa copine depuis quelques semaines, parle anglais et dégage un charme certain.
Intelligente, drôle et ne manquant pas de caractère, Noy Vit à Vientiane depuis 5 ans avec l’un de ses frères. Ils viennent de la province de Savannakhet, dans le sud du pays.
Noy a 22 ans, elle termine des études d’anglais à l’université. Elle aime sortir avec ses amis, faire la fête et voyager (même si pour l’instant ses voyages se sont limités à l’intérieur du Laos). Elle sort avec Stéphane malgré son jeune âge (elle préfère les hommes âgés de 35 à 50 ans !!!) parce qu’il la fait rigoler et que comme la plupart des « falangs » et contrairement aux jeunes lao, il la respecte pour ce qu’elle est. Noy est l’exemple typique de la jeune femme moderne, issue de la première génération de lao qui n’a connu qu’un pays ouvert sur le reste du monde, celle la même que j’appelle la génération MTV.

En dehors de Vientiane, j’ai profité de la présence de Ricardo pour m’autoriser un peu de tourisme. Nous sommes donc partis quelques jours à Luang Prabang, dans le nord du Laos.


Luang Prabang



Bien connue au Laos pour son charme colonial, Luang Prabang est une petite ville aux rues pavées et presque piétonnes, tellement la circulation y est rare.
A Vientiane, tout le monde nous en parlait comme la ville la plus jolie et agréable du Laos ; et effectivement, Luang Prabang vaut vraiment les 10h de bus qui permettent d’y accéder (même si parfois, comme ça a été notre cas, on tombe sur le « King of Bus », qui en réalité doit être le bus le plus pourri de tout le pays… Il est perméable à la pluie et comme on est en pleine saison, on est arrivé à destination trempés et prêts pour un essorage !)

Posée au bord du Mékong, Luang Prabang est entourée de montagnes et de rivières.


Sa principale attraction réside en un marché de nuit, installé tous les soirs jusqu’à 22h00 dans la rue principale. Exclusivement destiné aux touristes, ce marché s’étale sur plusieurs centaines de mètres. On y trouve de l’artisanat local, partout les mêmes articles, et il convient de négocier âprement pour ne pas se faire dépouiller, même si en réalité les objets qu’on y trouve, même non négociés, restent moins chers qu’à Vientiane.




Ainsi, pour exemple, Ricardo a acheté un petit bijou en argent pour sa mère : alors qu’à la capitale on lui en demandait 120 000 kips, l’équivalent de presque 10 euros, à Luang Prabang on le lui à proposé à 60 000 kips ; il l’a négocié et finalement obtenu à 15 000 kips…

Autour de la ville, des grottes et des cascades attirent les touristes (et nous aussi !!!).
On en a donc profité, Ricardo et moi, pour aller se rafraichir dans les basins d’une eau bleu turquoise qui s’enchainent au fil des chutes d’eau.
J’ai adoré… J’aurai pu y passer des semaines !!! Mis comme toutes les bonnes choses ont un fin, on a fini par rentrer à Vientiane où j’avais un tournage de prévu sur quelques jours.


Lao d’en bas



Pakse


Une fois mon boulot terminé, on a pu repartir se balader en amoureux. Cette fois on a choisit de descendre à Pakse, la principale ville du sud Laos.
Encore une nuit passée dans le bus (mais cette fois on a pu éviter le « King of Bus »), et on est arrivé dans une petite ville sans grand intérêt, toujours sur les bords du Mékong (à croire que toutes les villes du pays bordent le fleuve…).


On y a passé une nuit histoire de se reposer un peu et on a filé le lendemain vers Tadlo, un village sensé être à une heure et demi de route. Mais comme on a pris le bus local, on a mis à peu près deux fois plus de temps : entre les arrêts tous les 100 mètres pour faire monter et descendre des passagers, charger d’énormes sacs de jute remplis à craquer et les pannes de moteur, on a largement eu le temps d’apprécier le trajet. J’en ai profité pour prendre quelques photos…










Tadlo





Le bus a fini par nous lâcher sous une pluie torrentielle, au bord d’un chemin de terre. Apres 2 km de marche (merci à mon amoureux, qui portait pratiquement tous les sacs !!!) on est arrivé dans un petit village fait de huttes en bois et feuilles tressées, le tout perché sur pilotis, probablement pour éviter les inondations et l’intrusion des animaux de ferme qui se ballades un peu partout en liberté.

Partout des enfants à moitié nus (voire aussi complètement nus d’ailleurs…), quelques guest houses et bien sure, des chutes d’eau…
C’était notre dernière semaine de vacances, on a choisit de se poser dans ce petit coin de campagne et de ne rien faire, sinon d’aller se promener de village en village et de se baigner dans la rivière (moins belle que celle de Luang Prabang mais déserte, à part les enfants du coin et tout aussi rafraichissante).

Cinq jours plus tard, il a bien fallu rentrer à Pakse, Ricardo devant se rendre à Bangkok pour reprendre l’avion. Triste dernière journée de vacances… il a embarqué dans un bus en milieu d’après-midi, quand à moi j’ai attendu le lendemain pour prendre un mini bus direction Phnom Penh, au Cambodge.



mercredi 21 mai 2008

Hanoi, épisode II : "same, same, but different"


Après 3 semaines de break à Paris et Miami pour pouvoir assister au mariage de ma cousine Charlotte, me voilà de retour au Vietnam.

Cette fois les choses ont plutôt mal commencé puisque lors d’une escale à Bangkok entre Paris et Hanoi, mon vol s’est trouvé annulé pour cause d’intoxication alimentaire du copilote…

Si vous n’avez jamais entendu parler de l’effet papillon, vous n’imaginez pas les conséquences que peut avoir l’ingestion d’un œuf pas frais par un pilote d’air France… Mais je garde le suspense, vous en saurez plus en continuant la lecture de ce post…


Je disais donc je suis revenue à Hanoi le 23 avril. De nouveau hébergée par Cameron et ses colocataires. J’ai passé quelques jours avec eux avant de déménager chez Vhin et Rebecca, dans la maison qui habite l’association VFCD - Volunteers for Commuity Development and Environment Education – et une bonne partie de ses bénévoles.

Grace à eux j’ai rencontré Ngoc, qui elle, travaille pour une ONG française pour la prévention du virus du SIDA.
Très rapidement, elle m’a mise en contact avec des femmes de ses groupes de travail afin que je puisse tourner mes portraits de femmes vietnamiennes.

Cette fois encore, la chance m’accompagne puisqu’au Vietnam, il est quasiment impossible de tourner ce genre de portrait sans avoir les autorisations officielles (évidement extrêmement difficile à obtenir).
Mais grâce à Ngoc, j’ai pu éviter le circuit officiel et rencontrer Hong et Ngan, deux vietnamiennes aux parcours difficiles.


Mes rencontres


Vous connaissez déjà Cameron, Geny, Hai et Greg, mes hôtes lors de mon premier séjour à Hanoi, donc je ne vais pas m’étendre…

Vinh et Rebecca m’ont accueillie lorsque j’ai quitté Doi Can Street. Ils vivent dans une maison de 3 étages sur Au Co Street, au nord de Hanoi.
Ils partagent leur foyer avec d’autres bénévoles de l’association VFCD (difficile de dire combien, je vois des nouvelles têtes presque tous les jours !!), dont ils sont les coordinateurs. Vinh est d’origine vietnamienne, il a été adopté à l’âge de 9 ans par une famille américaine de Salt Lake City. Et oui, c’est un vrai génie de l’informatique !!!

Rebecca, 23 ans, est australienne, elle vit au Vietnam depuis 6 mois et en plus de sa participation à VFCD, elle donne des cours d’anglais.
Adepte de la bière locale et pas seulement, elle sort avec un jeune vietnamien du nom de Zheng, un garçon adorable, toujours le premier à se lever le matin pour aller nous chercher le petit déj.

Chez eux j’ai rencontré Chris, couchsurfer comme moi, avec qui je me suis un peu baladée en ville. Californien, la vingtaine, fraichement débarqué de Thaïlande où il a passé quelques jours avant de gagner Hanoi pour un séminaire/retraite de son grand maitre spirituel, le moine bouddhiste vietnamien Thich Nhat Hanh qui dit : « J’inspire, je calme mon corps. J’expire, je souris. Je m’établis dans le moment présent. Je sais que c’est un moment merveilleux. »
Et puis je me dois ici de citer Ngoc, cette fille fantastique qui m’a permis de trouver les femmes de mon film. Issue des minorités ethniques du nord du Vietnam, Ngoc vit à Hanoi depuis qu’elle a démarré ses études. Elle travaille maintenant pour l’association SJ Vietnam, et est chargée, en coopération avec UNAIDS, d’informer et d’éduquer la population locale sur les ravages du SIDA.
Elle m’a mise en contact avec les femmes que je souhaitais rencontrer et m’a même servie d’interprète lors des interviews…


Mes coups durs

On en arrive enfin à l’histoire du vol AF174….
Vous deviez commencer à vous impatienter !!!
Je commencerai donc par le commencement…
Tout a démarré à Paris ce 22 avril. Mon vol pour Hanoi étant prévu à 19h00, j’ai profité (en courant) de ma dernière journée pour régler mes derniers préparatifs (récupérer ma carte bleue avalée sans raison par un distributeur à Montreuil, acheter les médicaments que m’avais demandé Cameron, déjeuner avec Alice, qui cette fois, à réussit -difficilement - à contenir ces larmes, faire mes bagages et enfin, boire un café avec mon doudou…).
Une journée bien chargée donc, qui m’a amenée à prendre le métro à la dernière minute. Seulement, arrivée à Chatelet pour prendre une connexion avec le RER et filer à l’aéroport, un incident intervient sur la ligne B et le speaker annonce que plus un train ne circulera en direction de Charles de Gaulle. Ayant aperçu le dernier train actif en arrivant sur le quai, je décide d’attendre quelques minutes. Finalement un train arrive avec pour terminus une gare à mi trajet. Je monte dedans en me disant que ce sera déjà quelques kilomètres de parcouru (à 17h30, impossible d’imaginer trouver un taxi à Chatelet pour être à l’aéroport une demi heure plus tard…).
Donc je monte dans le RER bondé avec tous mes bagages. Ce qui se révèle être une bonne idée puisque finalement, pendant le trajet, le chauffeur annonce qu’il ira jusqu’à l’aéroport…
J’arrive donc à Charles de Gaulle 5 minutes avant la fin de l’enregistrement (du coup j’ai évité la queue…) et rassurée, je finis par monter dans l’avion.
Une 12aine d’heures plus tard, on atterrit à Bangkok pour une escale sensée durer à peine une demi heure. Au bout d’une heure d’attente dans l’avion, on nous annonce que le copilote étant victime d’une intoxication alimentaire, on doit descendre de l’avion et attendre 2 ou 3 heures afin qu’un avis médical définitif nous permette (ou non) de décoller. Apres ce qui semble être une éternité, la responsable du personnel au sol nous informe que le vol Air France ne redécollera pas. Pour les plus chanceux des passagers (les hommes d’affaire et les familles), un vol de Thai Airways les mènera à bon port. Pour les autres, il faudra attendre le lendemain, voire le surlendemain.
J’ai fais des pieds et des mains pour faire partie des chanceux, et après d’âpres négociations (et pas mal de kilomètres parcourus à courir dans l’aéroport de Bangkok), j’ai réussi à embarquer sur le dernier vol pour Hanoi.
Je suis arrivée au Vietnam à 22h00 (au lieu de 15h00) pour découvrir, après (encore !!!) une heure d’attente (et d’appréhension !!!) près du tapis roulant, que mon sac à dos s’était volatilisé quelque part entre Paris et Hanoi (le type du bureau des réclamations n’était même pas capable de savoir si oui ou non mon bagage avait été débarqué à Bangkok).
Je n’ai pu le récupérer que 3 jours plus tard… Heureusement, il était intact et complet !!!
Comme quoi tout est bien qui finit bien.

A part ça, pas vraiment de coups dures lors de ce second séjour à Hanoi… Ah si… un petit… Je suis tombée d’un scooter à l’arrêt (Chris le californien novice en matière de 2 roues a démarré, vitesse enclenchée, alors que je m’apprêtais à monter derrière lui ; le scooter a donc avancé de 50 bons centimètres, et je me suis retrouvée le cul par terre). Résultats : un beau bleu sur les fesses et les poignets endoloris pendants 3 jours.


Mon film

Deux portraits…
D’abord celui de Hong, 27 ans, originaire de la petite ville de Thai Binh, à quelques centaines de kilomètres de Hanoi.
Il y a exactement 10 ans, alors qu’elle profitait de vacances scolaires pour voyager dans le nord du Vietnam avec une amie du même âge, elle a été vendue par son « amie » à des trafiquants. Pendant plusieurs semaines, elle à du subir les assauts de 6 à 12 hommes par jours, tous chinois et donc ne parlant pas la même langue qu’elle.
Grâce à l’un de ses clients, elle réussit à s’enfuir et à prendre un train qui la ramènera dans son village natal. Par peur des racontars, sa famille lui interdit de porter plainte. Elle reprend donc le cours de sa vie et finit, 2 ans plus tard, par se marier et tomber enceinte. Elle découvre alors qu’elle et son bébé son contaminés par le virus du SIDA et pousse son marie à se remarier afin qu’il puisse avoir une descendance « viable ».
En bref, une histoire terrible pour une femme extrêmement courageuse…

Mon deuxième portrait de femme vietnamienne à été celui de Ngan, trentenaire, mère de famille, et elle aussi, séropositive. Contaminée par son mari, elle vit avec le VIH depuis plusieurs années et à choisit de s’investir dans la lutte pour la prévention et l’information, malgré le regard accusateur et parfois même menaçant de la société vietnamienne.

Tourisme au Vietnam

Descente vers le Sud






Apres avoir terminé mon tournage, j’ai profité d’une petite semaine de battement pour descendre à Saigon (officiellement Ho Chi Minh ville), dans le sud du Vietnam.
J’ai pris un ticket de bus open, ce qui m’a permit de m’arrêter par endroits, parfois juste pour quelques heures. J’ai donc entrevu les villes de Hue, Hoi An, et Mui Ne. J’ai passé deux jours à Na Thrang, petite station balnéaire très cotée au Vietnam, avant de m’arrêter à Saigon. Un petit tour vite fait sur les traces de milliers de touristes mais malheureusement, faute de temps, il m’aurait été difficile de faire autrement…




Mes rencontres

Katherine, 23 ans, a été mon hôte pour une nuit à Na Thrang. J’étais sa première couchsurfeuse et je crois qu’elle a bien apprécié l’expérience… De mon côté, j’ai découvert la face cachée du Vietnam, qui veut que même en dehors des grandes villes, les nouvelles générations sont en réelle rupture avec la société traditionnelle et ses règles hyper rigides. Katherine par exemple, vit avec sa sœur ainée et ses parents, gérants d’un hôtel dans la petite citée balnéaire. Elle ne rêve que de s’installer dans son propre appartement, n’a pour amis de sexe masculin que des expatriés (parce que les vietnamiens « ne font que juger et discréditer ses opinions et prises de positions ») et ne supporte pas que sa famille puisse se mêler de sa vie intime en lui suggérant par exemple les « bons partis » à envisager pour un éventuel mariage.


A Saigon, j’ai retrouvé Gilles Ramon, confrère de chez RFO, et sa charmante femme Mireille, en vacances au Vietnam pour quelques semaines.
J’ai été très heureuse de passer quelques jours avec eux à me balader, mais aussi de comparer mon expérience du Vietnam à la leur. Ils m’ont invité dans un très bon restaurant, où j’ai saisie, sans hésiter, l’occasion de manger autre chose que de la soupe de nouille ou du riz frit (car si on trouve presque de tout au Vietnam, le moins chère – et bien moins chère !!! – reste quand même le traditionnel pho et ses diverses variantes).
Et puis c’était marrant de retrouver Gilles en dehors du contexte habituel et de découvrir en lui un voyageur passionné (parce que mine de rien, sans vouloir cracher dans la soupe, RFO n’est pas vraiment l’endroit où exultent les passions...)


Mes coups durs

Là encore, je dois dire que je n’ai pas grand-chose à rapporter dans cette rubrique…
Bon, deux nuits d’affilée dans un bus… mais encore, j’ai eu la chance d’être surclassée en bus couchette pour la deuxième nuit alors… je n’ai pas vraiment à me plaindre !!! (D’ailleurs franchement, les bus couchette, je recommande !! c’est super confortable et les long trajets paraissent raccourcis de moitié).

Et puis de retour à Hanoi, j’ai faillit me faire piquer mon portefeuille pour la deuxième fois (mais oui, rappelez vous, à Shanghai, le jour de mon anniversaire, 100 euros et ma carte bleue qui s’étaient volatilisés…)
Cette fois, je cherchais un xe om (un moto taxi, pour les non initiés !) vers les 22h00 dans un quartier assez mal famé ; lorsque je lui indique mon adresse de destination, le type fait l’étonné et prétend ne pas connaître l’endroit. On se dirige vers un groupe de personne auprès de qui il se renseigne, et alors que je monte derrière lui sur le scooter et pendant qu’il démarre, je sens un mouvement inhabituel dans mon dos. Je me retourne et là je vois le type qui nous à donné les indications en train de courir derrière la moto, accroché à mon sac en essayant de l’ouvrir plus ou moins discrètement (eh oui, ouvrir un sac sur le dos de quelqu’un ni vu ni connu, dans le noir, en courant après une moto, c’est pas du gâteau !!)…
Enfin bref je me retourne, je pousse un cri et le type se barre en courant. Je vérifie vite fait que mon sac est toujours fermé, tandis que le chauffeur accélère, et je fais un doigt d’honneur au voleur.
Malheureusement il n’a pas du comprendre mon geste vu que j’étais en train de finir ma cloppe et que du coup ce n’est pas un, mais deux doigts que je lui ai montré… Enfin j’étais enragée de m’être fait avoir (même s’il ne m’a rien volé) et surtout je n’ai jamais su si le chauffeur du xe om était dans le coup.

Virée vers Halong




De retour à Hanoi, j’ai fait un saut à la baie d’Halong qui n’est qu’à 3 heures de route de la capitale. Je m’attendais à me retrouver dans une sorte de parc d’attraction, et me trompais. La baie d’Halong, (à bien différencier de la ville d’Halong !!) malgré le flot incessant de touristes, reste un véritable havre de paix et la ballade en bateau traditionnel vaut vraiment le déplacement. C’est aussi beau que dans les films !!





Conclusion

Après 6 semaines passées au Vietnam, dont plus de la moitié à Hanoi, je ne prétends pas connaître le pays. Mais je pense en avoir eu un petit aperçu plutôt sympathique.
A part la baie d’Halong et la grande dune de sable de Mui Ne, je n’ai pas été abasourdie par les paysages ; mais les vietnamiens sont des gens très accueillants (et très souriants, que le sourire soit sincère ou non…).
J’ai de loin, préféré Hanoi à Ho Chi Minh pour son charme vieillot et ses rues grouillantes (même si j’avoue ce n’est pas toujours facile pour les tympans…).
Et je tiens à rajouter, pour tout ceux qui ont voyagé au Vietnam et qui ont été réveillé à 5h00 du matin par la fameuse « voix du Vietnam » diffusée un peu partout à travers des hauts parleurs fixes ou mobiles, qu’il s’agit bien moins de propagande gouvernementale (comme on le dit souvent) que d’informations générales destinées à la population (entre autres : rappel des règles d’hygiène, conseils pour une alimentation équilibrée, recettes de grand-mères pour soigner les petits bobos, informations sur l’état du trafic et les travaux en cours dans les rues, etc…).

samedi 3 mai 2008

Des minorités du Yunnan à celles de Lao Cai

Apres avoir passé la frontière Chine Vietnam le 17 mars au matin et, je l’avoue, être arrivée à Lao Cai un peu fatiguée par le trajet en bus, j’ai décidé, plutôt que de m’embraquer dans un trajet de 12 heures de train pour rejoindre Hanoi, de faire une petite pause dans le nord du Vietnam. Direction Sapa, à un peu plus d’une heure de Lao Cai en mini bus.

Sapa


Première bonne surprise, j’ai réussi en arrivant à Sapa, à négocier une chambre d’hôtel avec salle de bain et tout et tout…à 4 USD la nuit ; un exploit vu la fréquentation touristique de cette petite ville peuplée par des minorités ethniques vietnamiennes H’mong et Tay en particulier).

J’ai profité des 3 jours que j’ai passé là-bas pour aller me promener à pied, comme tous les touristes d’ailleurs, dans les villages alentours… Cat Cat. Ta Van et Lao Chai.
J’ai été assez impressionnée de voir tous ces touristes âgés, armés de leurs chapeaux, lunettes de soleil et appareils photos, descendre presque en file indienne les chemins de montagnes qui mènent aux villages, suivis par une cohorte de femmes et d’enfants bien décidés à en faire leurs choux gras.

Des ballades dont ont résulté quelques rencontres sympa, comme celle de ces deux petites filles de l’ethnie H’mong, qui m’ont accompagnée pendant plus de 2 heures pour me vendre leurs babioles, et avec lesquelles j’ai fini par rigoler, inventer des chansons et leur apprendre les rudiments de la photo…


Alors que Sapa semble synonyme pour les vietnamiens de « petit paradis », je n’ai pas été époustouflée par ses paysages (bien moins impressionnants selon moi que les montagnes du Yunnan).
Et si j’ai trouvé ses habitants plutôt sympathiques, la surpopulation touristique et l’ambiance mercantile qui en résulte m’ont un peu gâché le plaisir…
Enfin, je suis peut-être un peu blazée… Et puis c’était sympa quand même !!!


Bac Ha


Juste avant de quitter Sapa, j’ai voulu me faire une idée du célèbre marché dominical de Bac Ha, à environ 4h de route.
Impossible de s’y rendre autrement qu’en réservant une place dans un mini bus pour un « tour » organisé, à moins de partir la veille et de passer une nuit à Lao Cai.
Donc j’ai desserré les cordons de ma bourse (12 USD quand même !!!) et j’ai embarqué le dimanche 23 mars au matin, dans un mini bus rempli à craquer de touristes.
Quelle erreur !!!! La guide (obligatoire apparemment) m’à gonflé toute la journée en me rappelant à l’ordre dès que je faisais un pas de coté…

Pendant la visite du marché j’ai tout de même réussi à m’éloigner du groupe ; mais j’ai du subir la visite d’un « village expo » ou de pauvres malheureux essaye de vaquer à leurs occupations tandis que des hordes de touristes les mitraillent à coup de flash et s’imposent, s’incrustent dans leurs maisons, leurs écoles, leurs champs ; sans dire bonjour ni au revoir, et sans même demander la permission (là, même la guide était débordée et devait courir partout pour rattraper ses clients).

J’ai d’ailleurs aussi eu droit à la pause frontière : une heure d’attente à Lao Cai, avant de finalement reprendre la route de Sapa, juste pour photographier le pond qui sépare la Chine et le Vietnam (ce qui selon moi vaut le coup quand on le traverse, parce que sinon, il n’a vraiment rien de spécial ce pond…)
Enfin bref, pour moi les tours organisés, je le jure, c’est terminé… PLUS JAMAIS !!!

La bonne chose c’est que j’ai rencontré dans le bus un couple de belges retraités, qui voyagent maintenant depuis près de 10 ans, principalement sur un voilier amarré à ce moment en Malaisie, le temps pour eux de se balader un peu en Asie.
De retour à Sapa j’ai diné avec eux, et pu entendre leurs histoires de voyage et de vie. Un vrai régal !!!

Et puis je dois rajouter que le marché de Bac Ha, malgré ses flots (là encore..) incessants de touristes, vaut vraiment le coup d’œil ; il est plus coloré et animé que n’importe lequel des marchés que j’ai pu voir jusque là…



Hanoi : Episode I


J`ai quitté Sapa le lundi matin, un peu en panique de louper le train du matin (3 fois moins chère que ceux du soir), du fait d’avoir du patienter une heure que le mini bus se remplisse avant de prendre la route…
Malgré tout, j’ai réussi à acheter mon billet à la dernière minute, grâce à la miraculeuse intervention d’un policier qui m’à gentiment (et gratuitement !!) pris mon billet sans passer par la file d’attente…

12 heures de trajet parmi les rizières, un beau spectacle, même si je suis arrivée à Hanoi lessivée et bousculée par les centaines de moto taxi et vendeurs ambulants du quartier qui, j’ai pu m’en rendre compte, connaissent probablement mieux que les chefs de gare les horaires d’arrivée des trains !!
Cameron, mon « couch host » est venu me récupérer en scooter, un exploit vu le nombre et le poids de mes bagages !!!

Mes rencontres

Cameron, néozélandais, vit à Hanoi depuis quelques années avec sa copine suisse-vietnamienne Geny, son colloque espagnol Greg, et depuis quelques mois, Hai, un autre colocataire, américain d’origine vietnamienne.
Ils m’on accueillit dans leur grande maison de Doi Can street, un quartier très animé et proche du centre ville. Grâce à eux, j’ai découvert le Pho Bo et le Bun Cha, des plats traditionnels à base de nouilles, délicieux … et aussi le Kebab local, bien pratique quand on est un peu pressé !!


En me baladant dans un parc, pas très loin de la maison, j’ai fait une rencontre surprenante : une groupe de vieilles femmes qui pratiquent leurs exercices quotidien avec une ferveur presque religieuse et pour les supporter (et parfois les accompagner), Mr Hong, vétéran de la guerre d’Indochine (pendant laquelle il a d’ailleurs perdu un bras), qui parle un peu français et joue au badminton comme s’il avait 20 ans…
On s’est revu plusieurs soirs de suite et il m’à offert des pièces de monnaie anciennes, en signe d’amitié…

Mes coups durs

Durant cette première expérience « hanoienne », tout s’est bien passé. Cette fois pas d’indigestion, pas d’allergie, ni rien d’autre de ce genre… mais (puisqu’apparemment il doit toujours y avoir un « mais ») je me suis quand même fait mordre par un chien….

Rien de bien grave en vérité, un pantalon foutu en l’air et une belle cicatrice en perspective…
Bon ce n’est pas une blessure de guerre mais ça restera mon petit souvenir du Vietnam !!!



Hanoi est une ville agréable et très facile à vivre pour un occidental… Tout le monde ou presque se ballade en vélo ou en scooter, les xe om (ou moto taxi) sont très abordables à condition de négocier, on trouve partout des café avec terrasses, l’idéal pour se faire une idée de l’ambiance qui règne ici… Bref, super sympa !!!
Quand aux restaurants, on trouve de tout et surtout du français !! J’ai enfin pu manger le sandwich au fromage dont j’avais tant rêvé pendant mon séjour en Chine…