Coup d'oeil sur l'Asie

jeudi 19 juin 2008

Sweet Lao

Lao d’en haut

Après avoir passé la frontière entre le Vietnam et le Laos à Nam Can et au sortir d’un trajet en bus d’une 20aine d’heures, je suis arrivée à Vientiane, la capitale Lao en croyant (comme les autres passagers occidentaux du bus d’ailleurs…) que je m’étais fait arnaquée et larguée au milieu de nulle part… En fait non, j’étais bien à Vientiane, seulement cette ville de 200 000 habitants ressemble tellement plus à une petite ville de province qu’à la capitale d’un pays d’Asie du Sud-est qu’en y débarquant avec seulement quelques heures de sommeil dans les pattes, j’ai cru devoir reprendre un bus pour arriver à destination !

Finalement, j’ai embarqué dans un tuk-tuk direction le centre ville, à moins d’une dizaine de kilomètres de là.

Je suis arrivée chez mon « couch owner », un prof. de français béninois du nom de Sorif, installé sur le campus de l’Université d’ingénierie de Sokpaluang.


Vientiane


Dès cette première journée, j’ai pu apprécier le calme et la tranquillité de cette ville tellement différente de toutes les autres capitales de la région.
Ici, pas d’embouteillages, pas de bruits de klaxon… Les rues sont larges, propres et bordées de trottoirs en parfait état. La nuit, un peu partout, on entend les insectes et les grenouilles s’égosiller dans un concert des plus surprenants.

Vientiane borde le Mékong, ce grand fleuve rouge qui délimite la frontière d’avec la Thaïlande. Sur ses berges des petites échoppes vendent de la bière et des shakes aux fruits pour presque rien. On y mange des brochettes de viande et de poisson accompagné de « sticky rice », préparé selon la tradition Lao.



La ville regorge de temples bouddhistes, les « vats » où des moines en tenue orange passent leurs journées à dormir à l’ombre d’arbres imposants dont on comprend, à la taille de leur tronc et l’épaisseur de leur feuillage, qu’ils ont déjà traversé plusieurs siècles.



Au total, j’ai passé à Vientiane un peu plus de 2 semaines, le temps de m’imprégner de son ambiance nonchalante et de profiter des innombrables sourires qu’adressent les Lao de tous âges aux étrangers, généralement accompagné d’un joyeux « sabai dee », qui signifie tout simplement bonjour en langue lao.
J’ai été surprise de découvrir le mode vie des jeunes de la classe moyenne, assez nombreuse à Vientiane. Ceux-là même qui paradent sur des scooteurs flambants neufs et se déchainent dans les boites de nuit au son des rythmes d’un Eminem ou d’une Britney Spears ; les filles fringuées en mini et les garçons arborant des coiffures hyper élaborées (et hyper, hyper gominées !).
J’ai eu du mal en croire mes yeux quand j’ai vu la facilité avec laquelle les « falangs », autrement dit les étrangers, attiraient les jeunes filles lao dans leur lit : un coup d’œil, un échange de numéro de téléphone, et le lendemain l’affaire est réglée… Cela malgré le fait qu’au Laos, les relations sexuelles hors mariage entre lao et étrangers sont complètement interdites et répréhensibles d’une très grosse amende (environ 2000 dollars) et d’une expulsion du pays pour l’étranger. Et je ne parle pas là de prostitution !!!
Cela dit, les relations amoureuses et sexuelles hors mariage, même entre jeunes lao, semblent beaucoup moins taboues que dans les autres pays d’Asie que j’ai pu visiter jusque là. D’ailleurs, autre surprise et non la moindre, ici, les travestis sont choses courantes… On les appelle « catoys » ou lady-boys, et ils sont complètement intégrés à la société Lao. Ils se promènent maquillés et vêtus en femmes, au point qu’il est parfois difficile de faire la différence. Il semblerait que la culture lao, au moins dans certaines ethnies, favorise l’homosexualité et le changement (au moins en apparence..) de genre. D’après ce que j’ai pu récolter comme infos, ce sont souvent les familles qui choisissent d’élever l’un de leur fils comme une fille, et ce dès sa naissance.
Il faut dire qu’au Laos, les femmes sont vraiment les piliers de la société et de la famille : ce sont généralement les filles ainées qui travaillent pour nourrir leurs familles et en cas de mariage, le nouvel époux emménage dans la maison de sa femme, contrairement aux traditions en vigueur dans les pays frontaliers du Vietnam et de la Chine.


Mes rencontres

Comme d’habitude, d’abord mes hôtes de couchsurfing…
Au Laos malheureusement, l’offre en canapés à surfer est assez pauvre… Lors de mes recherches, je n’ai pu trouver que 3 personnes prêtes à héberger des bagpackers. J’en ai choisit une chez qui je suis restée plus d’une semaine !!!
Il s’agit d’un béninois d’une trentaine d’année, Sorif, dont j’ai déjà fait mention plus haut.

Installé au Laos depuis seulement 3 semaines avant mon arrivée, il fait partie d’un programme de l’agence pour la francophonie, qui consiste à placer pour des contrats d’un an, une 20aine de professionnels francophones, dans des institutions et entreprises pour favoriser l’apprentissage de la langue à l’étranger.
Très accueillant, Sorif n’a pas hésité une seconde à me prêter sa chambre d’amis et à me présenter ses relations à Vientiane.
Grace à lui, j’ai découvert la cuisine des meilleures échoppes de rue.


Sur le campus de Sokpaluang, j’ai aussi fait la connaissance « des français » : un groupe de 3 étudiants en école d’ingénieurs à Paris en stage pour 3 mois au Laos, et d’une fille du nord de la France, elle aussi prof de français à l’université.
Alexandre, Julien, Stéphane et Laurie-Anne ont été pour moi des guides précieux…
Grace à eux j’ai découvert la vie nocturne de Vientiane, et surtout j’ai rencontré Noy, dont j’ai tiré le portrait pour mon film.


Aachal, je l’ai trouvée sur couchsurfing. Originaire des iles Fidji, elle vit à Vientiane depuis près d’un an et travaille pour le programme alimentaire mondial des Nations Unies. On s’est donné rendez-vous pour un déjeuner et on a tout de suite sympathisé.
Elle m’a invité à son anniversaire, quelques jours plus tard, et là j’ai pu me faire une idée de la présence humanitaire au Laos… Au moins une 50aine d’expat. étaient présents, tous employés d’ONG !!! J’ai tenté de faire mon marché pour repérer ceux qui pourraient m’orienter dans mes recherches et j’ai finalement rencontré Vong, un jeune Lao francophone qui m’a mit en contact avec la personne idéale, directeur d’une association chargée de réinsérer les femmes victimes de trafic.

Enfin, parmi mes rencontres à Vientiane, je dois dire que la plus importante pour moi à été celle dont je rêvais depuis longtemps… Ricardo, mon amoureux, est venu passer 3 semaines avec moi au Laos. Tout s’est décidé à la dernière minute et on a pu fêter ses 30 ans ensemble dans un restaurant gastro de la capitale. On s’est baladé du nord au sud et en vrai gentleman, il porté mon sac pendant tout son séjour !!!

Ces petites vacances m’ont fait beaucoup de bien et m’ont permis de recharger mes batteries pour la suite. Prochain rendez-vous : l’Inde en décembre… Aïe aïe aïe, je compte déjà les jours !!!

Mes coups durs


Au Laos la vie est facile… la criminalité, en particulier envers les étrangers, est pratiquement nulle, et je n’ai rencontré aucun soucis particulier.
La plupart des gens sont aimables, accueillants et parlent un peu anglais (en particulier ceux qui sont en contact régulier avec les touristes) ou même français…
Vientiane est une petite ville et il est très facile de s’y orienter. Les transports publics sont peu onéreux et plutôt bien organisés, bref, c’est un peu le paradis de l’Asie du sud-est…


Mon film


Là par contre, les choses ont été moins faciles que partout ailleurs… Rien que dans mes recherches, j’ai rencontré beaucoup de difficultés à obtenir des informations.
N’ayant pas les autorisations officielles nécessaires pour tourner au Laos (autorisations quasi impossibles à obtenir, surtout compte-tenu de la teneur et des conditions de réalisation de mon projet), j’ai du faire face à beaucoup de mauvaise volonté de la part de mes interlocuteurs.
La seule organisation nationale Lao en charge des femmes, l’Union des Femmes Lao, à qui j’ai rendu visite sans préciser mes véritables intentions (je leur ai juste demandé s’il était possible de faire du bénévolat et de participer à leurs projets – tout ça, juste pour en connaître la teneur) m’a quasiment mise à la porte de ses locaux (tout à fait poliment cependant…) avant de téléphoner, tout de suite après mon départ, au ministère des affaires étrangères pour les prévenir de mon passage (ce que bien sure je n’ai appris que plus tard).

Les responsables des ONG et les Nations Unies, à qui j’ai cette fois annoncé clairement mon projet, ont tout simplement refusé de me recevoir, même seulement pour me faire un topo sur la situation des femmes dans le pays…

L’association des femmes Lao en France, avec qui j’étais déjà en contact avant de quitter Paris et qui soutient mon projet, m’a mise en relation avec l’une de leur contact à Vientiane, une personne qui n’était autre que la femme du directeur du service de presse du ministère des Affaires Etrangères !!! Je me suis fait grillée…
Cette dame m’à téléphoné un jour en se présentant et en m’annonçant que je devais rencontrer son mari pour faire une demande officielle d’autorisation de tournage. N’ayant d’autre choix (puisqu’ils étaient déjà au courant de ma présence en ville et de mes intentions) que de suivre ses indications, je me suis présentée (soutenue par Ricardo !!) au bureau du service de presse pour faire ma demande. Là, le chef du service m’a remonté les bretelles pour avoir tenté de prendre contact avec l’Union des Femmes sans aucune autorisation (c’est la que j’ai su pour le coup de téléphone…) et m’a demandé un descriptif complet de mon plan de tournage avec les noms des personnes que je souhaitais interviewer, la liste des questions que je leur poserais, le détails des images que je comptais tourner, etc… Vive la République DEMOCRATIQUE du Laos !!!

J’ai donc fait une demande de mise en contact avec l’Union tout en sachant qu’elle n’abouterait pas, tout ça pour ne pas éveiller les soupçons et pouvoir continuer mes recherches ailleurs…

C’est d’ailleurs ce que j’ai fait… après avoir rencontré officieusement le responsable d’une ONG en charge de femmes victimes de trafic (sexuel et autres…) vers les pays frontaliers, j’ai pu obtenir (en échange de la promesse de ne pas faire apparaître les liens entre cette association et moi dans le film et de garder secrète l’identité de la jeune fille) qu’il me présente à des personnes de son équipe (toujours officieusement et en dehors de leurs bureaux), qui m’ont finalement amené à rencontrer une jeune prostituée de nom de Tiam.


Tiam
A 18 ans, Tiam a déjà un passif plutôt consternant… Issue d’une famille pauvre des campagnes lao, elle est confiée à 13 ans à une proche de la famille installée en Thaïlande. Forcée à travailler sans rémunération dans une usine, elle rencontre un jeune thaï de 7 ans son ainé et se marie avec lui. Alors qu’elle n’a que 14 ans, son mari est mobilisé dans l’armée et elle se retrouve seule dans sa belle famille, là encore, forcée de travailler sans jamais recevoir une seule pièce de monnaie. Au bout d’un an, elle quitte sa belle mère et revient au Laos, où elle se laisse entrainer par une amie à travailler dans un bar.


Rapidement amenée à se prostituer, elle passe les 5 années suivantes à travailler dans différentes maisons de passe au Laos et en Thaïlande. (Là je fais cours, l’interview a durée près de 3 heures..)
Il y a environ un an, elle atterrit à Vientiane et entend parler de cette organisation qui aide les jeunes filles dans son cas. Elle prend contact avec eux, laisse tomber son job de « danseuse » et entame une formation de coiffeuse. C’est dans le salon où elle travaille que je l’ai rencontré.

Noy
Noy, je l’ai rencontrée par Stéphane, le jeune stagiaire de Sokpaluang. Elle est sa copine depuis quelques semaines, parle anglais et dégage un charme certain.
Intelligente, drôle et ne manquant pas de caractère, Noy Vit à Vientiane depuis 5 ans avec l’un de ses frères. Ils viennent de la province de Savannakhet, dans le sud du pays.
Noy a 22 ans, elle termine des études d’anglais à l’université. Elle aime sortir avec ses amis, faire la fête et voyager (même si pour l’instant ses voyages se sont limités à l’intérieur du Laos). Elle sort avec Stéphane malgré son jeune âge (elle préfère les hommes âgés de 35 à 50 ans !!!) parce qu’il la fait rigoler et que comme la plupart des « falangs » et contrairement aux jeunes lao, il la respecte pour ce qu’elle est. Noy est l’exemple typique de la jeune femme moderne, issue de la première génération de lao qui n’a connu qu’un pays ouvert sur le reste du monde, celle la même que j’appelle la génération MTV.

En dehors de Vientiane, j’ai profité de la présence de Ricardo pour m’autoriser un peu de tourisme. Nous sommes donc partis quelques jours à Luang Prabang, dans le nord du Laos.


Luang Prabang



Bien connue au Laos pour son charme colonial, Luang Prabang est une petite ville aux rues pavées et presque piétonnes, tellement la circulation y est rare.
A Vientiane, tout le monde nous en parlait comme la ville la plus jolie et agréable du Laos ; et effectivement, Luang Prabang vaut vraiment les 10h de bus qui permettent d’y accéder (même si parfois, comme ça a été notre cas, on tombe sur le « King of Bus », qui en réalité doit être le bus le plus pourri de tout le pays… Il est perméable à la pluie et comme on est en pleine saison, on est arrivé à destination trempés et prêts pour un essorage !)

Posée au bord du Mékong, Luang Prabang est entourée de montagnes et de rivières.


Sa principale attraction réside en un marché de nuit, installé tous les soirs jusqu’à 22h00 dans la rue principale. Exclusivement destiné aux touristes, ce marché s’étale sur plusieurs centaines de mètres. On y trouve de l’artisanat local, partout les mêmes articles, et il convient de négocier âprement pour ne pas se faire dépouiller, même si en réalité les objets qu’on y trouve, même non négociés, restent moins chers qu’à Vientiane.




Ainsi, pour exemple, Ricardo a acheté un petit bijou en argent pour sa mère : alors qu’à la capitale on lui en demandait 120 000 kips, l’équivalent de presque 10 euros, à Luang Prabang on le lui à proposé à 60 000 kips ; il l’a négocié et finalement obtenu à 15 000 kips…

Autour de la ville, des grottes et des cascades attirent les touristes (et nous aussi !!!).
On en a donc profité, Ricardo et moi, pour aller se rafraichir dans les basins d’une eau bleu turquoise qui s’enchainent au fil des chutes d’eau.
J’ai adoré… J’aurai pu y passer des semaines !!! Mis comme toutes les bonnes choses ont un fin, on a fini par rentrer à Vientiane où j’avais un tournage de prévu sur quelques jours.


Lao d’en bas



Pakse


Une fois mon boulot terminé, on a pu repartir se balader en amoureux. Cette fois on a choisit de descendre à Pakse, la principale ville du sud Laos.
Encore une nuit passée dans le bus (mais cette fois on a pu éviter le « King of Bus »), et on est arrivé dans une petite ville sans grand intérêt, toujours sur les bords du Mékong (à croire que toutes les villes du pays bordent le fleuve…).


On y a passé une nuit histoire de se reposer un peu et on a filé le lendemain vers Tadlo, un village sensé être à une heure et demi de route. Mais comme on a pris le bus local, on a mis à peu près deux fois plus de temps : entre les arrêts tous les 100 mètres pour faire monter et descendre des passagers, charger d’énormes sacs de jute remplis à craquer et les pannes de moteur, on a largement eu le temps d’apprécier le trajet. J’en ai profité pour prendre quelques photos…










Tadlo





Le bus a fini par nous lâcher sous une pluie torrentielle, au bord d’un chemin de terre. Apres 2 km de marche (merci à mon amoureux, qui portait pratiquement tous les sacs !!!) on est arrivé dans un petit village fait de huttes en bois et feuilles tressées, le tout perché sur pilotis, probablement pour éviter les inondations et l’intrusion des animaux de ferme qui se ballades un peu partout en liberté.

Partout des enfants à moitié nus (voire aussi complètement nus d’ailleurs…), quelques guest houses et bien sure, des chutes d’eau…
C’était notre dernière semaine de vacances, on a choisit de se poser dans ce petit coin de campagne et de ne rien faire, sinon d’aller se promener de village en village et de se baigner dans la rivière (moins belle que celle de Luang Prabang mais déserte, à part les enfants du coin et tout aussi rafraichissante).

Cinq jours plus tard, il a bien fallu rentrer à Pakse, Ricardo devant se rendre à Bangkok pour reprendre l’avion. Triste dernière journée de vacances… il a embarqué dans un bus en milieu d’après-midi, quand à moi j’ai attendu le lendemain pour prendre un mini bus direction Phnom Penh, au Cambodge.



mercredi 21 mai 2008

Hanoi, épisode II : "same, same, but different"


Après 3 semaines de break à Paris et Miami pour pouvoir assister au mariage de ma cousine Charlotte, me voilà de retour au Vietnam.

Cette fois les choses ont plutôt mal commencé puisque lors d’une escale à Bangkok entre Paris et Hanoi, mon vol s’est trouvé annulé pour cause d’intoxication alimentaire du copilote…

Si vous n’avez jamais entendu parler de l’effet papillon, vous n’imaginez pas les conséquences que peut avoir l’ingestion d’un œuf pas frais par un pilote d’air France… Mais je garde le suspense, vous en saurez plus en continuant la lecture de ce post…


Je disais donc je suis revenue à Hanoi le 23 avril. De nouveau hébergée par Cameron et ses colocataires. J’ai passé quelques jours avec eux avant de déménager chez Vhin et Rebecca, dans la maison qui habite l’association VFCD - Volunteers for Commuity Development and Environment Education – et une bonne partie de ses bénévoles.

Grace à eux j’ai rencontré Ngoc, qui elle, travaille pour une ONG française pour la prévention du virus du SIDA.
Très rapidement, elle m’a mise en contact avec des femmes de ses groupes de travail afin que je puisse tourner mes portraits de femmes vietnamiennes.

Cette fois encore, la chance m’accompagne puisqu’au Vietnam, il est quasiment impossible de tourner ce genre de portrait sans avoir les autorisations officielles (évidement extrêmement difficile à obtenir).
Mais grâce à Ngoc, j’ai pu éviter le circuit officiel et rencontrer Hong et Ngan, deux vietnamiennes aux parcours difficiles.


Mes rencontres


Vous connaissez déjà Cameron, Geny, Hai et Greg, mes hôtes lors de mon premier séjour à Hanoi, donc je ne vais pas m’étendre…

Vinh et Rebecca m’ont accueillie lorsque j’ai quitté Doi Can Street. Ils vivent dans une maison de 3 étages sur Au Co Street, au nord de Hanoi.
Ils partagent leur foyer avec d’autres bénévoles de l’association VFCD (difficile de dire combien, je vois des nouvelles têtes presque tous les jours !!), dont ils sont les coordinateurs. Vinh est d’origine vietnamienne, il a été adopté à l’âge de 9 ans par une famille américaine de Salt Lake City. Et oui, c’est un vrai génie de l’informatique !!!

Rebecca, 23 ans, est australienne, elle vit au Vietnam depuis 6 mois et en plus de sa participation à VFCD, elle donne des cours d’anglais.
Adepte de la bière locale et pas seulement, elle sort avec un jeune vietnamien du nom de Zheng, un garçon adorable, toujours le premier à se lever le matin pour aller nous chercher le petit déj.

Chez eux j’ai rencontré Chris, couchsurfer comme moi, avec qui je me suis un peu baladée en ville. Californien, la vingtaine, fraichement débarqué de Thaïlande où il a passé quelques jours avant de gagner Hanoi pour un séminaire/retraite de son grand maitre spirituel, le moine bouddhiste vietnamien Thich Nhat Hanh qui dit : « J’inspire, je calme mon corps. J’expire, je souris. Je m’établis dans le moment présent. Je sais que c’est un moment merveilleux. »
Et puis je me dois ici de citer Ngoc, cette fille fantastique qui m’a permis de trouver les femmes de mon film. Issue des minorités ethniques du nord du Vietnam, Ngoc vit à Hanoi depuis qu’elle a démarré ses études. Elle travaille maintenant pour l’association SJ Vietnam, et est chargée, en coopération avec UNAIDS, d’informer et d’éduquer la population locale sur les ravages du SIDA.
Elle m’a mise en contact avec les femmes que je souhaitais rencontrer et m’a même servie d’interprète lors des interviews…


Mes coups durs

On en arrive enfin à l’histoire du vol AF174….
Vous deviez commencer à vous impatienter !!!
Je commencerai donc par le commencement…
Tout a démarré à Paris ce 22 avril. Mon vol pour Hanoi étant prévu à 19h00, j’ai profité (en courant) de ma dernière journée pour régler mes derniers préparatifs (récupérer ma carte bleue avalée sans raison par un distributeur à Montreuil, acheter les médicaments que m’avais demandé Cameron, déjeuner avec Alice, qui cette fois, à réussit -difficilement - à contenir ces larmes, faire mes bagages et enfin, boire un café avec mon doudou…).
Une journée bien chargée donc, qui m’a amenée à prendre le métro à la dernière minute. Seulement, arrivée à Chatelet pour prendre une connexion avec le RER et filer à l’aéroport, un incident intervient sur la ligne B et le speaker annonce que plus un train ne circulera en direction de Charles de Gaulle. Ayant aperçu le dernier train actif en arrivant sur le quai, je décide d’attendre quelques minutes. Finalement un train arrive avec pour terminus une gare à mi trajet. Je monte dedans en me disant que ce sera déjà quelques kilomètres de parcouru (à 17h30, impossible d’imaginer trouver un taxi à Chatelet pour être à l’aéroport une demi heure plus tard…).
Donc je monte dans le RER bondé avec tous mes bagages. Ce qui se révèle être une bonne idée puisque finalement, pendant le trajet, le chauffeur annonce qu’il ira jusqu’à l’aéroport…
J’arrive donc à Charles de Gaulle 5 minutes avant la fin de l’enregistrement (du coup j’ai évité la queue…) et rassurée, je finis par monter dans l’avion.
Une 12aine d’heures plus tard, on atterrit à Bangkok pour une escale sensée durer à peine une demi heure. Au bout d’une heure d’attente dans l’avion, on nous annonce que le copilote étant victime d’une intoxication alimentaire, on doit descendre de l’avion et attendre 2 ou 3 heures afin qu’un avis médical définitif nous permette (ou non) de décoller. Apres ce qui semble être une éternité, la responsable du personnel au sol nous informe que le vol Air France ne redécollera pas. Pour les plus chanceux des passagers (les hommes d’affaire et les familles), un vol de Thai Airways les mènera à bon port. Pour les autres, il faudra attendre le lendemain, voire le surlendemain.
J’ai fais des pieds et des mains pour faire partie des chanceux, et après d’âpres négociations (et pas mal de kilomètres parcourus à courir dans l’aéroport de Bangkok), j’ai réussi à embarquer sur le dernier vol pour Hanoi.
Je suis arrivée au Vietnam à 22h00 (au lieu de 15h00) pour découvrir, après (encore !!!) une heure d’attente (et d’appréhension !!!) près du tapis roulant, que mon sac à dos s’était volatilisé quelque part entre Paris et Hanoi (le type du bureau des réclamations n’était même pas capable de savoir si oui ou non mon bagage avait été débarqué à Bangkok).
Je n’ai pu le récupérer que 3 jours plus tard… Heureusement, il était intact et complet !!!
Comme quoi tout est bien qui finit bien.

A part ça, pas vraiment de coups dures lors de ce second séjour à Hanoi… Ah si… un petit… Je suis tombée d’un scooter à l’arrêt (Chris le californien novice en matière de 2 roues a démarré, vitesse enclenchée, alors que je m’apprêtais à monter derrière lui ; le scooter a donc avancé de 50 bons centimètres, et je me suis retrouvée le cul par terre). Résultats : un beau bleu sur les fesses et les poignets endoloris pendants 3 jours.


Mon film

Deux portraits…
D’abord celui de Hong, 27 ans, originaire de la petite ville de Thai Binh, à quelques centaines de kilomètres de Hanoi.
Il y a exactement 10 ans, alors qu’elle profitait de vacances scolaires pour voyager dans le nord du Vietnam avec une amie du même âge, elle a été vendue par son « amie » à des trafiquants. Pendant plusieurs semaines, elle à du subir les assauts de 6 à 12 hommes par jours, tous chinois et donc ne parlant pas la même langue qu’elle.
Grâce à l’un de ses clients, elle réussit à s’enfuir et à prendre un train qui la ramènera dans son village natal. Par peur des racontars, sa famille lui interdit de porter plainte. Elle reprend donc le cours de sa vie et finit, 2 ans plus tard, par se marier et tomber enceinte. Elle découvre alors qu’elle et son bébé son contaminés par le virus du SIDA et pousse son marie à se remarier afin qu’il puisse avoir une descendance « viable ».
En bref, une histoire terrible pour une femme extrêmement courageuse…

Mon deuxième portrait de femme vietnamienne à été celui de Ngan, trentenaire, mère de famille, et elle aussi, séropositive. Contaminée par son mari, elle vit avec le VIH depuis plusieurs années et à choisit de s’investir dans la lutte pour la prévention et l’information, malgré le regard accusateur et parfois même menaçant de la société vietnamienne.

Tourisme au Vietnam

Descente vers le Sud






Apres avoir terminé mon tournage, j’ai profité d’une petite semaine de battement pour descendre à Saigon (officiellement Ho Chi Minh ville), dans le sud du Vietnam.
J’ai pris un ticket de bus open, ce qui m’a permit de m’arrêter par endroits, parfois juste pour quelques heures. J’ai donc entrevu les villes de Hue, Hoi An, et Mui Ne. J’ai passé deux jours à Na Thrang, petite station balnéaire très cotée au Vietnam, avant de m’arrêter à Saigon. Un petit tour vite fait sur les traces de milliers de touristes mais malheureusement, faute de temps, il m’aurait été difficile de faire autrement…




Mes rencontres

Katherine, 23 ans, a été mon hôte pour une nuit à Na Thrang. J’étais sa première couchsurfeuse et je crois qu’elle a bien apprécié l’expérience… De mon côté, j’ai découvert la face cachée du Vietnam, qui veut que même en dehors des grandes villes, les nouvelles générations sont en réelle rupture avec la société traditionnelle et ses règles hyper rigides. Katherine par exemple, vit avec sa sœur ainée et ses parents, gérants d’un hôtel dans la petite citée balnéaire. Elle ne rêve que de s’installer dans son propre appartement, n’a pour amis de sexe masculin que des expatriés (parce que les vietnamiens « ne font que juger et discréditer ses opinions et prises de positions ») et ne supporte pas que sa famille puisse se mêler de sa vie intime en lui suggérant par exemple les « bons partis » à envisager pour un éventuel mariage.


A Saigon, j’ai retrouvé Gilles Ramon, confrère de chez RFO, et sa charmante femme Mireille, en vacances au Vietnam pour quelques semaines.
J’ai été très heureuse de passer quelques jours avec eux à me balader, mais aussi de comparer mon expérience du Vietnam à la leur. Ils m’ont invité dans un très bon restaurant, où j’ai saisie, sans hésiter, l’occasion de manger autre chose que de la soupe de nouille ou du riz frit (car si on trouve presque de tout au Vietnam, le moins chère – et bien moins chère !!! – reste quand même le traditionnel pho et ses diverses variantes).
Et puis c’était marrant de retrouver Gilles en dehors du contexte habituel et de découvrir en lui un voyageur passionné (parce que mine de rien, sans vouloir cracher dans la soupe, RFO n’est pas vraiment l’endroit où exultent les passions...)


Mes coups durs

Là encore, je dois dire que je n’ai pas grand-chose à rapporter dans cette rubrique…
Bon, deux nuits d’affilée dans un bus… mais encore, j’ai eu la chance d’être surclassée en bus couchette pour la deuxième nuit alors… je n’ai pas vraiment à me plaindre !!! (D’ailleurs franchement, les bus couchette, je recommande !! c’est super confortable et les long trajets paraissent raccourcis de moitié).

Et puis de retour à Hanoi, j’ai faillit me faire piquer mon portefeuille pour la deuxième fois (mais oui, rappelez vous, à Shanghai, le jour de mon anniversaire, 100 euros et ma carte bleue qui s’étaient volatilisés…)
Cette fois, je cherchais un xe om (un moto taxi, pour les non initiés !) vers les 22h00 dans un quartier assez mal famé ; lorsque je lui indique mon adresse de destination, le type fait l’étonné et prétend ne pas connaître l’endroit. On se dirige vers un groupe de personne auprès de qui il se renseigne, et alors que je monte derrière lui sur le scooter et pendant qu’il démarre, je sens un mouvement inhabituel dans mon dos. Je me retourne et là je vois le type qui nous à donné les indications en train de courir derrière la moto, accroché à mon sac en essayant de l’ouvrir plus ou moins discrètement (eh oui, ouvrir un sac sur le dos de quelqu’un ni vu ni connu, dans le noir, en courant après une moto, c’est pas du gâteau !!)…
Enfin bref je me retourne, je pousse un cri et le type se barre en courant. Je vérifie vite fait que mon sac est toujours fermé, tandis que le chauffeur accélère, et je fais un doigt d’honneur au voleur.
Malheureusement il n’a pas du comprendre mon geste vu que j’étais en train de finir ma cloppe et que du coup ce n’est pas un, mais deux doigts que je lui ai montré… Enfin j’étais enragée de m’être fait avoir (même s’il ne m’a rien volé) et surtout je n’ai jamais su si le chauffeur du xe om était dans le coup.

Virée vers Halong




De retour à Hanoi, j’ai fait un saut à la baie d’Halong qui n’est qu’à 3 heures de route de la capitale. Je m’attendais à me retrouver dans une sorte de parc d’attraction, et me trompais. La baie d’Halong, (à bien différencier de la ville d’Halong !!) malgré le flot incessant de touristes, reste un véritable havre de paix et la ballade en bateau traditionnel vaut vraiment le déplacement. C’est aussi beau que dans les films !!





Conclusion

Après 6 semaines passées au Vietnam, dont plus de la moitié à Hanoi, je ne prétends pas connaître le pays. Mais je pense en avoir eu un petit aperçu plutôt sympathique.
A part la baie d’Halong et la grande dune de sable de Mui Ne, je n’ai pas été abasourdie par les paysages ; mais les vietnamiens sont des gens très accueillants (et très souriants, que le sourire soit sincère ou non…).
J’ai de loin, préféré Hanoi à Ho Chi Minh pour son charme vieillot et ses rues grouillantes (même si j’avoue ce n’est pas toujours facile pour les tympans…).
Et je tiens à rajouter, pour tout ceux qui ont voyagé au Vietnam et qui ont été réveillé à 5h00 du matin par la fameuse « voix du Vietnam » diffusée un peu partout à travers des hauts parleurs fixes ou mobiles, qu’il s’agit bien moins de propagande gouvernementale (comme on le dit souvent) que d’informations générales destinées à la population (entre autres : rappel des règles d’hygiène, conseils pour une alimentation équilibrée, recettes de grand-mères pour soigner les petits bobos, informations sur l’état du trafic et les travaux en cours dans les rues, etc…).

samedi 3 mai 2008

Des minorités du Yunnan à celles de Lao Cai

Apres avoir passé la frontière Chine Vietnam le 17 mars au matin et, je l’avoue, être arrivée à Lao Cai un peu fatiguée par le trajet en bus, j’ai décidé, plutôt que de m’embraquer dans un trajet de 12 heures de train pour rejoindre Hanoi, de faire une petite pause dans le nord du Vietnam. Direction Sapa, à un peu plus d’une heure de Lao Cai en mini bus.

Sapa


Première bonne surprise, j’ai réussi en arrivant à Sapa, à négocier une chambre d’hôtel avec salle de bain et tout et tout…à 4 USD la nuit ; un exploit vu la fréquentation touristique de cette petite ville peuplée par des minorités ethniques vietnamiennes H’mong et Tay en particulier).

J’ai profité des 3 jours que j’ai passé là-bas pour aller me promener à pied, comme tous les touristes d’ailleurs, dans les villages alentours… Cat Cat. Ta Van et Lao Chai.
J’ai été assez impressionnée de voir tous ces touristes âgés, armés de leurs chapeaux, lunettes de soleil et appareils photos, descendre presque en file indienne les chemins de montagnes qui mènent aux villages, suivis par une cohorte de femmes et d’enfants bien décidés à en faire leurs choux gras.

Des ballades dont ont résulté quelques rencontres sympa, comme celle de ces deux petites filles de l’ethnie H’mong, qui m’ont accompagnée pendant plus de 2 heures pour me vendre leurs babioles, et avec lesquelles j’ai fini par rigoler, inventer des chansons et leur apprendre les rudiments de la photo…


Alors que Sapa semble synonyme pour les vietnamiens de « petit paradis », je n’ai pas été époustouflée par ses paysages (bien moins impressionnants selon moi que les montagnes du Yunnan).
Et si j’ai trouvé ses habitants plutôt sympathiques, la surpopulation touristique et l’ambiance mercantile qui en résulte m’ont un peu gâché le plaisir…
Enfin, je suis peut-être un peu blazée… Et puis c’était sympa quand même !!!


Bac Ha


Juste avant de quitter Sapa, j’ai voulu me faire une idée du célèbre marché dominical de Bac Ha, à environ 4h de route.
Impossible de s’y rendre autrement qu’en réservant une place dans un mini bus pour un « tour » organisé, à moins de partir la veille et de passer une nuit à Lao Cai.
Donc j’ai desserré les cordons de ma bourse (12 USD quand même !!!) et j’ai embarqué le dimanche 23 mars au matin, dans un mini bus rempli à craquer de touristes.
Quelle erreur !!!! La guide (obligatoire apparemment) m’à gonflé toute la journée en me rappelant à l’ordre dès que je faisais un pas de coté…

Pendant la visite du marché j’ai tout de même réussi à m’éloigner du groupe ; mais j’ai du subir la visite d’un « village expo » ou de pauvres malheureux essaye de vaquer à leurs occupations tandis que des hordes de touristes les mitraillent à coup de flash et s’imposent, s’incrustent dans leurs maisons, leurs écoles, leurs champs ; sans dire bonjour ni au revoir, et sans même demander la permission (là, même la guide était débordée et devait courir partout pour rattraper ses clients).

J’ai d’ailleurs aussi eu droit à la pause frontière : une heure d’attente à Lao Cai, avant de finalement reprendre la route de Sapa, juste pour photographier le pond qui sépare la Chine et le Vietnam (ce qui selon moi vaut le coup quand on le traverse, parce que sinon, il n’a vraiment rien de spécial ce pond…)
Enfin bref, pour moi les tours organisés, je le jure, c’est terminé… PLUS JAMAIS !!!

La bonne chose c’est que j’ai rencontré dans le bus un couple de belges retraités, qui voyagent maintenant depuis près de 10 ans, principalement sur un voilier amarré à ce moment en Malaisie, le temps pour eux de se balader un peu en Asie.
De retour à Sapa j’ai diné avec eux, et pu entendre leurs histoires de voyage et de vie. Un vrai régal !!!

Et puis je dois rajouter que le marché de Bac Ha, malgré ses flots (là encore..) incessants de touristes, vaut vraiment le coup d’œil ; il est plus coloré et animé que n’importe lequel des marchés que j’ai pu voir jusque là…



Hanoi : Episode I


J`ai quitté Sapa le lundi matin, un peu en panique de louper le train du matin (3 fois moins chère que ceux du soir), du fait d’avoir du patienter une heure que le mini bus se remplisse avant de prendre la route…
Malgré tout, j’ai réussi à acheter mon billet à la dernière minute, grâce à la miraculeuse intervention d’un policier qui m’à gentiment (et gratuitement !!) pris mon billet sans passer par la file d’attente…

12 heures de trajet parmi les rizières, un beau spectacle, même si je suis arrivée à Hanoi lessivée et bousculée par les centaines de moto taxi et vendeurs ambulants du quartier qui, j’ai pu m’en rendre compte, connaissent probablement mieux que les chefs de gare les horaires d’arrivée des trains !!
Cameron, mon « couch host » est venu me récupérer en scooter, un exploit vu le nombre et le poids de mes bagages !!!

Mes rencontres

Cameron, néozélandais, vit à Hanoi depuis quelques années avec sa copine suisse-vietnamienne Geny, son colloque espagnol Greg, et depuis quelques mois, Hai, un autre colocataire, américain d’origine vietnamienne.
Ils m’on accueillit dans leur grande maison de Doi Can street, un quartier très animé et proche du centre ville. Grâce à eux, j’ai découvert le Pho Bo et le Bun Cha, des plats traditionnels à base de nouilles, délicieux … et aussi le Kebab local, bien pratique quand on est un peu pressé !!


En me baladant dans un parc, pas très loin de la maison, j’ai fait une rencontre surprenante : une groupe de vieilles femmes qui pratiquent leurs exercices quotidien avec une ferveur presque religieuse et pour les supporter (et parfois les accompagner), Mr Hong, vétéran de la guerre d’Indochine (pendant laquelle il a d’ailleurs perdu un bras), qui parle un peu français et joue au badminton comme s’il avait 20 ans…
On s’est revu plusieurs soirs de suite et il m’à offert des pièces de monnaie anciennes, en signe d’amitié…

Mes coups durs

Durant cette première expérience « hanoienne », tout s’est bien passé. Cette fois pas d’indigestion, pas d’allergie, ni rien d’autre de ce genre… mais (puisqu’apparemment il doit toujours y avoir un « mais ») je me suis quand même fait mordre par un chien….

Rien de bien grave en vérité, un pantalon foutu en l’air et une belle cicatrice en perspective…
Bon ce n’est pas une blessure de guerre mais ça restera mon petit souvenir du Vietnam !!!



Hanoi est une ville agréable et très facile à vivre pour un occidental… Tout le monde ou presque se ballade en vélo ou en scooter, les xe om (ou moto taxi) sont très abordables à condition de négocier, on trouve partout des café avec terrasses, l’idéal pour se faire une idée de l’ambiance qui règne ici… Bref, super sympa !!!
Quand aux restaurants, on trouve de tout et surtout du français !! J’ai enfin pu manger le sandwich au fromage dont j’avais tant rêvé pendant mon séjour en Chine…

vendredi 18 avril 2008

Là, où le soleil se lève…

Me revoilà sur le net après près de 3 mois passés en Chine. Mon blog ayant été inaccessible pendant tout ce temps, je vais essayer de résumer le tout en quelques lignes.. Pas évident..

Je suis arrivée à Shanghai un lundi matin, 31 décembre 2007, avec pour premier objectif de rejoindre un certain Suhail en fin d’après midi. Suhail est Pakistanais, il vit à Shanghai depuis quelques années et à accepté de m’héberger chez lui pendant quelques jours.

J’ai été mise en contact avec lui par le site couchsurfing.com, par lequel j’ai décidée de passer pour trouver à me loger pendant mon voyage.





Peu après mon départ de l’aéroport, j’ai fait une rencontre qui m’a tout de suite enthousiasmée : un jeune garçon avec un ordinateur portable (croisé par hasard dans un KFC alors que je cherchais depuis des heures une connexion internet pour prévenir Suhail de mon arrivée et déterminer avec lui une heure et un lieu de rendez-vous), m’a aidé à joindre mon hôte et m’a tenu compagnie pendant les longues heures qui ont précédé mon rendez-vous avec Suhail en fin d’après-midi.

Cette rencontre fortuite m’a amené à démarrer mon aventure dans les meilleures conditions. Steven, de son nom anglais (la plupart des chinois se choisissent un nom anglais, qu’ils utilisent dans leurs échanges avec des occidentaux) m’à offert son aide d’une façon tellement naturelle et désintéressée, alors que nous avions pourtant beaucoup de mal à communiquer, que ma première impression de la Chine s’est faite plus que favorable.

J’aime démarrer un voyage sous de bons auspices…
Et le reste de mon séjour aux pays du soleil levant s’est déroulé un peu de la même façon…


SHANGHAI



J’ai passé trois semaines à Shanghai, passant d’un canapé à un autre, prenant le temps de me perdre dans la ville pour prendre des photos de cette métropole tellement surprenante…

Mégalopole de plus de 18 millions d’habitants, Shanghai est en dehors du temps.
En perpétuelle reconstruction, elle possède des buildings parmi les plus impressionnants au monde, aux pieds desquels se nichent des temples très anciens.


Host unlimited photos at slide.com for FREE!

Host unlimited photos at slide.com for FREE!

Les nuits à Shanghai sont grouillantes. Les lumières des néons géants ne s’éteignent jamais et la musique qui perce des boites de nuits à la mode couvre à peine le bruit des tiroirs caisses dans les magasins.
D’un autre coté, dès 5h00 du matin, ses habitants se retrouvent dans les parcs pour jouer aux cartes, faire des exercices, et promener leurs oiseaux ou leurs criquets domestiques.





Encore encrée dans le passé et pourtant à l’avant-garde de la modernité, Shanghai regorge de surprises.


Mes rencontres

Tout d’abord je veux vous parler de mes « couch owners », ceux qui m’ont accueilli chez eux…

Il y a Suhail, que vous connaissez déjà.
En poste à Shanghai chez Alcatel depuis 3 ans, ce pakistanais « fluent » en mandarin et danseur de salsa à été l’un de mes hôtes les plus attentionnés…
Lorsque je suis arrivée chez lui, j’ai découvert qu’il m’avait acheté une serviette de bain et un nécessaire de toilette, ainsi qu’un petit chauffage d’appoint (Shanghai n’est pas chauffée pendant l’hiver).
Nous avons eu des conversations passionnantes au sujet du monde arabe et j’ai beaucoup apprécié sa compagnie, même lorsqu’il me trainait à ses réunions «Toastmaster» interminables (Toastmaster est un club international qui à pour but d’enseigner à ses membres à écrire et prononcer des discours en langue anglaise, Suhail y est très engagé et assiste à plusieurs réunions par semaine…)

Ensuite il y a eu Jocelyn, une drôle de fille avec un drôle d’humour…
D’origine Singapourienne, Jocelyn vit à Shanghai depuis quelques années. Etudiante au conservatoire de musique de la ville, elle loge dans une chambre de résidence universitaire, et je devais me planquer du gardien à chaque fois que je voulais renter et sortir du bâtiment !!



Et puis il y a eu Lei, Shanghaienne, écrivain et mère de famille.
J’ai passé près de 10 jours dans sa maison de Pudong, et j’en ai fait un portrait pour mon film. Grace à elle j’ai pu me faire une idée de ce que peut être une famille chinoise aisée et cultivée.

Ensuite j’ai rencontré Craig, le canadien, instituteur en Chine depuis bientôt 5 ans.
Membre actif de couchsurfing et grand humaniste !!
Il m’à hébergé dans son petit appartement du centre et m’à fait découvrir le mode de vie des occidentaux expatriés à Shanghai : sorties, restos, achat de DVD piratés…


Enfin j’ai atterrit chez Phil et Christiania, un petit couple adorable, composé d’une chinoise du Sichuan et d’un français d’origine taïwanaise qui a vécut la plus grande partie de sa vie en Belgique.

Host unlimited photos at slide.com for FREE!



Au-delà de ces rencontres plus ou moins organisées, il y a eu aussi, tout au long de ces semaines passées à Shanghai, des rencontres fortuites, telles que celle de Steve au KFC, que j’ai revu quelques jours plus tard avec sa fiancée pour aller nous promener du coté du marché aux oiseaux.

Host unlimited photos at slide.com for FREE!


Ou encore tous ces étudiants croisés dans les rues, qui désirent pratiquer leur anglais et n’ont pas hésité à m’aborder pour un brin de conversation.
Et les personnes âgées, avec qui la communication ne passe que par le regard et quelques gestes maladroits, et qui pourtant expriment à travers leur sourire toute la bienveillance qu’ils vous témoignent…

Host unlimited photos at slide.com for FREE!

Host unlimited photos at slide.com for FREE!


Sans oublier les amis de mes amis, tous ceux que j’ai rencontré grâce à mes différents hôtes ; comme par exemple Maral, une jeune norvégienne d’origine iranienne qui voyage toute seule depuis plusieurs mois et avec qui j’ai pu partager des réflexions intéressantes, ou James, ce journaliste américain complètement déjanté qui nous offert un show impressionnant dans un karaoké, déguisé d’une perruque et d’un costume blanc brillant à la Elvis (soirée Karaoké à laquelle j’ai d’ailleurs moi-même participée activement accompagnée d’un français d’origine africaine du nom d’Eko pour chanter du Céline Dion !!!).

Mais mon séjour à Shanghai n’a pas été de tout repos… et j’ai aussi eu à passer quelques moments difficiles…


Mes coups durs

Tout d’abord vous devez savoir que cet hiver 2007/08 à été le plus froid en Chine depuis des dizaines d’années. Des tempêtes de neiges se sont abattues pendant des semaines sur tout le sud du pays et les températures sont souvent descendues bien en dessous de la moyenne saisonnière.
En gros, je me suis caillée !!!!

Du coup lorsque j’ai voulu me faire faire un petit massage pour relaxer tous mes muscles contractés par le froid, la masseuse à prit sur elle de me faire un massage traditionnel « spécial Hiver ». Malheureusement pour moi, ce n’était pas vraiment relaxant…

Host unlimited photos at slide.com for FREE!


Et puis à vouloir gouter à toutes ces choses bizarres que l’on vend dans les échoppes de rue, j’ai attrapé une terrible indigestion, heureusement passée après 24h de transit en enfer.


Enfin pour terminer l’étalage de mes mésaventures shanghaiennes, je doit ajouter que je me suis fait voler mon portefeuille par un pic-pocket alors que je venait tout juste de faire du change pour une valeur de 100 euros, et qu’en plus c’était le jour de mon anniversaire !

Malgré tout ça j’ai profité à fond de mon séjour pour parcourir la ville de fond en comble et entamer le tournage de mon film.


Mon film

J’ai pu réaliser deux portraits de femmes à Shanghai. Je dois préciser que j’ai choisit cette ville en particulier parce qu’elle est connue à travers toute la chine pour ses habitantes aux ambitions dévorantes et à la volonté de fer.

J’ai donc tiré le portrais de Lei Shi, cette femme qui m’a hébergée par pure générosité et ouverture d’esprit. Un petit bout de femme qui sait ce qu’elle veut, et ce qu’elle veut.
Son parcours traduit d’ailleurs son caractère.
Née vers la fin de la révolution culturelle, Lei s’est orienté vers la littérature, puis vers le journalisme. Apres s’être mariée très jeune, elle a quitté Shanghai sa ville natale, pour partir à Tokyo, puis Hong Kong, pendant quelques années, avant de revenir à Shanghai pour y élever son fils Marcus, âgé aujourd’hui de 9 ans.
Alors que son époux travaille dans la finance, elle a choisit de quitter le journalisme pour mieux s’occuper de sa famille, mais elle continue d’écrire et à déjà publié plusieurs romans et nouvelles dont un best seller.


Host unlimited photos at slide.com for FREE!

Host unlimited photos at slide.com for FREE!


Et puis j’ai suivi la jeune Ailing Wang, 25 ans et déjà consultante en communication pour des entreprises comme Microsoft. Sacrée meilleure oratrice de Chine alors qu’elle avait à peine 20 ans, Ailing est une femme de la Chine moderne, tiraillée entre ses ambitions et son attachement aux valeurs traditionnelles.


Bref, des portraits passionnants qui me permettent d’affirme que mon projet documentaire semblait partit sur les bons rails…

Le 20 janvier, j’ai donc quitté Shanghai le cœur léger, impatiente de découvrir de nouvelles régions de cet immense pays qu’est la Chine.


LIJIANG



Apres quelques jours passés à Lijiang, dans le Yunnan, et à me promener à vélo avec James, un anglais rencontré dans un aéroport, à travers des villages sans grand intérêt, si ce n’est quelques temples et une étonnante rencontre avec le docteur Ho de Baisha, j’ai pris un bus pour le lac Lugu.






LUGU HU



Je suis donc arrivée au village de Laoshui le 25 janvier. Avec une idée un peu préconçue de ce qui m’attendais au sein de cette région peuplée en très grande partie de moso, l’une des 52 minorités ethniques chinoises, connue un peu partout pour ses coutumes matriarcales et son « walking Marriage », tradition qui veut que les moso ne se marient jamais entre eux, ni même ne vivent en concubinage.

J’ai rapidement déménagé pour Lige, un autre village du lac, moins touristique, ou j’ai rencontré Naji, celle qui est devenue mon interprète et mon amie.
J’ai vécu chez elle pendant plusieurs semaines, le temps pour moi de tourner un portrait de femme moso, mais aussi de réaliser un autre documentaire selon l’angle suivant : le tourisme affecte la culture moso et sa population, de quelles façons ? et quelles en sont les conséquences ?
J’ai passé 6 semaines à me balader entre les différents villages de la région, du plus touristique au plus animé en passant par le plus reculé.
J’ai vécu avec les moso, j’ai appris quelques mots de leur dialecte, j’ai bu et mangé avec eux. Je me suis parfois sentie presque chez moi.




Mes rencontres

Les plus marquantes, celles qui porteront du fruit dans l’avenir..

D’abord il y a Naji, une jeune moso mère célibataire d’un petit garçon de 3 ans. Elle a été ma traductrice, mon hôtesse et mon amie.
Lorsque l’on s’est croisée pour la première fois, elle s’est présentée sous son nom anglais : Emily. On a tout de suite sympathisées. Naji parle mandarin, moso et anglais ; et elle a immédiatement acceptée de m’aider dans mes recherches en refusant d’être payée ; juste par curiosité.
Elle m’a ensuite hébergée chez elle pendant plusieurs semaines et j’ai partagé la vie de sa famille.
Lorsque je l’ai quitté, elle m’a appelé grande sœur. Ella va beaucoup me manquer.


Ensuite il y a A-shin et Walt, deux taïwanais de près de 40 ans, expatrié dans le Yunnan depuis plusieurs années. Cogérants d’un hôtel/restaurant à Lige, ils vivent à des rythmes différents. L’un est un vrai sportif, un « hicker » en bonne santé qui gravit les montagnes comme s’il enjambait des mottes de terre, tandis que l’autre est un bras cassé à moitié alcoolique mais tellement sympathique…
Ils ont été pour moi une mine d’information et une aide véritable quant à ma compréhension de la culture moso.

Il y a aussi Sihoban, une anthropologue américaine de 27 ans, arrivée au lac accompagnée de son mari pour une année de recherches sur le thème « l’économie de marché et son impact sur la culture moso »


Une rencontre inestimable concernant la réalisation de mon film…

Et puis il y a eu les habitants des villages, qui ont finit par tous connaître mon nom et avec qui j’ai passé des après-midi entiers à jouer aux cartes et à boire du baijo ou du sulima (l’alcool local)… Sans parler des barbecues sur les rives du lac, des ballades en pirogue, des mariages et des anniversaires…

Enfin il me reste à citer les voyageurs :

Yunee la coréenne, avec qui j’ai passé mes 3 premiers jours à Lige, ou Stéphane le français qui regrettait tellement de passer en coup de vent, ou encore Line et Franck ce couple de près de 60 ans qui passe ses vacances en Asie depuis des années ; mais aussi Anna la suisse qui se baigne sans maillot, ou Gazai le chinois nationaliste, et Emma la jeune pékinoise qui s’est donné pour mission d’enseigner pendant un an dans l’une des petites écoles qui bordent le lac, ou une paire de cyclistes dont je ne me souvient plus des prénoms, semi hollandaise, semi anglaise, qui pédale depuis 3 ans sur les routes pavées de la région et chante les Rollings Stones à la perfection…
Enfin des tas de gens sympas… et puis des tas d’histoires aussi dont voilà quelques unes des plus étonnantes…



Mes coups durs

Je commencerai peut-être par vous raconter que du fait de l’altitude (2600 mètres), de l’air sec, du froid et du soleil, j’ai développé sur les mains une allergie au soleil qui à durée plusieurs semaines et s’est manifestée par l’apparition d’énormes cloques, très douloureuses, sur tous mes doigts. Pas pratique pour travailler, mais ça m’a permit d’expérimenter toutes sortes d’onguents et d’huiles de fabrication locale…
A l’autre bout du monde, je sentais la frite de chez Mac Do…

Ce qui ne m’à pas empêché de me retrouver au centre d’une bagarre, au cours d’une soirée bien arrosée, entre deux jeunes Yitzou (une autre minorité ethnique de la région). Chacun voulant me séduire, ne supportait pas de voire ses avances rembarrées, soi-disant à cause de l’autre. Ils n’arrivaient pas à comprendre que même si je les trouvais bien gentils, mon cœur appartenais déjà à un autre… alors ils on finit par se taper dessus tandis que je me faufilais hors de la pièce par la fenêtre !!!

Une autre situation cocasse s’est présentée lorsque j’ai décidé d’aller tourner une séquence à Lijazhue, un village de moso perché sur la montagne, à près d’une journée de marche du lac. Naji ayant dédaigné de m’accompagner par pure flemmardise, je suis partie avec A-Shin, en voiture s’il vous plait !!!
Il a loué un vielle jeep qui devait nous mener, à 3 heures de routes de Yon Ning, dans ce village perdu.
Manque de bol, sur la route (bien que je ne sois pas sure que l’on puisse appeler ça une route…) nous avons malencontreusement crevé (déchiré serait d’ailleurs plus approprié..) l’un des pneus arrière. Apres plusieurs à lutter contre le foutu boulon qui refusait de se laisser dévisser, et grâce à l’aide de bergers qui sont apparus au fur et à mesure pour nous donner un coup de main, nous avons tout de même réussi à reprendre la route… avant de crever le pneu de rechange…
Enfin on a finit par arriver à Lijazhue ou j’ai tourné de magnifiques images !!

Mon film

C’est donc là que j’en arrive à vous parler du tournage…

Grâce à l’aide précieuse de Naji, j’ai tourné deux portraits de femmes moso. L’une d’elle âgée de plus de 70 ans et l’autre d’une 30aine d’années.
Deux générations, deux visions du monde pour ces femmes issues d’une culture matrimoniale très particulière, presque unique au monde…


Mon autre tournage, celui qui a porté sur la question de l’avenir du peuple moso, s’est lui aussi révélé très fructueux.
J’ai eu la chance d’assister à certaines des cérémonies qui marquent la vie d’un individu dans cette société, comme par exemple le passage de la vie d’enfant à celle d’adulte qui s’effectue chez les jeunes de 13 ans par un rite orchestré par un tapa, le chamane local, et par les lamas du temple bouddhiste dont dépend chaque village. Ou encore le mariage, de plus en plus fréquent entre des moso et des chinois han, voire même avec des étrangers…
J’ai aussi assisté à des funérailles, évidemment très différentes de ce que l’on connaît en occident… et puis j’ai partagé le quotidien d’une population que je considère aujourd’hui comme l’une des plus accueillantes et des plus tolérantes.
J’ai hâte de commencer le montage !!!

En fait j’ai passé au lac Lugu plus de 6 semaines, alors qu’au départ je comptais y rester une semaine tout au plus… Je suis tombée sous le charme de ses paysages de montagne à couper le souffle et de ses habitants si souriants.

Mais mon visa arrivant à son terme, j’ai du partir, la mort dans l’âme, vers la capitale du Yunnan, Kunming, pour récupérer un visa vietnamien et filer vers le sud.

KUNMING


J’ai été accueillit pendant ma semaine à Kunming par une américaine du New Hampshire (personne ne sait ou c’est, elle en est d’ailleurs bien consciente… alors je précise que c’est au nord-est des USA), installée en Chine depuis quelques années.
J’ai pu faire ma demande de visa et passer la frontière sino-vietnamienne entre Hekon (à environ 12h de bus de Kunming) et Lao Cai, au Vietnam.

Je garde de Kunming un souvenir très agréable…
On l’appelle la ville de l’eternel printemps, il y fait doux et plutôt beau.
Les étudiants grouillent de partout et l’ambiance y est beaucoup plus détendue qu’à Shanghai, même si cette ville de 5 millions d’habitants passe pour l’une des plus modernes du sud de la Chine.

J’y ai rencontré des voyageurs au long court avec qui j’ai pu partager ma petite (pour l’instant !!) expérience du voyage, et des étudiants comme le jeune Florent, en échange universitaire depuis 6 mois à Kunming, avec qui j’ai passé une soirée à rigoler des paradoxes de la culture chinoise et des malentendus qui peuvent en résulter lorsqu’on l’on en a une compréhension occidentale.

Et puis j’ai profité de mon passage à Kunming pour refaire le plein de frites et de pizzas.. Apres 6 semaines passées à manger du riz blanc et du gras de porc bouillit, je commençais à perdre le gout de la gastronomie !!!


J’ai quitté Kunming le 16 mars. Prenant un bus de nuit pour Hekon, la ville la plus proche de la frontière vietnamienne. J’y suis arrivée tôt le matin, sous une petite pluie fine. Triste de quitter la Chine.



Et pour clore ce premier chapitre sur la Chine, je dirais que ce que je garde en mémoire, ce ne sont pas les bousculades dans le métro, les WC publics en commun, les raclements de gorge (pour ne pas entrer dans des détails un peu scabreux) intempestifs, ou le type qui hurlent dans leur portable, dix rangées derrière sois dans un bus et qu’on entend comme s’il était assis sur nos genoux…

Non… je retiendrais surtout l’accueil que j’ai reçu dans ce pays, la curiosité naturelle de ses habitants, la capacité de se lancer avec optimisme vers l’avenir de son peuple, et la beauté de ses paysages.

On m’avait dit que voyager seule en Chine, sans en parler l’une des langues, serait une épreuve, un obstacle difficile à surmonter… J’ai eu, en réalité, peu de difficultés à m’insérer ; en grande partie grâce à couchsurfing.com, mais aussi parce que les chinois savent s’intéresser à leurs visiteurs, autant que ceux-ci s’intéressent à eux.